Action du Front d’action populaire en réaménagement urbain devant les bureaux de Caroline Proulx

Fabrice Samedy | 26 février 2026 | 14:25
Courtoisie du FRAPRU

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a tenu jeudi matin une action féministe intersectionnelle devant les bureaux de circonscription de Caroline Proulx, ministre de l’Habitation et de la Condition féminine, à Lavaltrie.

Avec cette action, le regroupement souhaitait rappeler que la crise du logement accentue les inégalités. C’est dans ce contexte qu’il a été demandé à ce que le logement social devienne une priorité du gouvernement.

Selon le FRAPRU, plus de 206 000 femmes locataires consacraient une part de leur revenu jugée excessive pour le logement, en 2021. L’organisation a aussi ajouté que les personnes venant de la diversité sexuelle et de genre étaient également affectées par un problème de logement.

« Et les loyers ont bondi de 41 % depuis 2021, bien plus vite que les revenus de la majorité des locataires : le mal-logement s’enracine au Québec. Une large part de personnes déjà vulnérables il y a 5 ans n’ont plus de marge de manœuvre aujourd’hui et la précarité locative s’étend. Sans mesures structurantes mises en place rapidement, les inégalités vont devenir insoutenables », a souligné Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

Une sécurité compromise

Pour le groupe, la crise du logement a aussi des conséquences sur la sécurité des femmes ainsi que des personnes 2ELGBTQI+, car elles sont davantage exposées à la violence.

« La capacité de quitter un conjoint violent dépend souvent directement de l’accès à un logement correspondant à sa capacité de payer et à ses besoins. Sans quoi, les personnes voient leur séjour en maison d’hébergement s’allonger (quand elles y ont accès), se retrouvent contraintes de retourner dans un milieu violent, de vivre dans un logement inadéquat, voire carrément de l’itinérance. Le rythme alarmant de féminicides depuis le début de l’année rappelle l’urgence d’agir », a ajouté Mme Laflamme.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain est d’avis que le logement social est une réponse durable aux besoins ainsi qu’aux enjeux de précarité et de sécurité.

« Les femmes sont d’ailleurs largement majoritaires parmi les locataires des différents types de logements sociaux au Québec, et celles victimes de violence conjugale sont prioritaires pour l’attribution d’un HLM », a rappelé la porte-parole du FRAPRU.

C’est dans un contexte où les compressions et les choix budgétaires sont affaiblissent le filet social que le Front a déploré que la stratégie d’« en faire plus avec moins » se traduise par des choix politiques déconnectés des besoins.

« Aussi, en misant sur des solutions qui reposent davantage sur le privé et sur des montages financiers complexes, les garanties sont souvent plus faibles pour les personnes discriminées, celles qui cumulent les vulnérabilités et celles dont la capacité de payer est la plus limitée », a expliqué Véronique Laflamme du FRAPRU.

Caroline Proulx critiquée

Le FRAPRU a exprimé son regret en ce qui a trait au refus de la ministre Proulx d’établir une rencontre.

« C’est à se demander au service de qui est la ministre? », a questionné Mme Laflamme.

Les manifestantes ont donc tenté de lui faire comprendre la mesure en installant une grande corde à linge devant ses bureaux. Des objets et des créations y ont été ajoutés afin de représenter les besoins essentiels qui sont sacrifiés pour le logement trop cher.

« On lui demande de changer de cap. Le droit au logement doit devenir une priorité : il ne peut être relégué au second plan au nom de l’ingénierie financière. Pour ça, ça prend du logement réellement social et des programmes qui fonctionnent », a conclu Véronique Laflamme.

Pour terminer, le FRAPRU demande un financement stable qui permettrait la construction annuelle d’au moins 10 000 logements sociaux, et ce, sur les 15 prochaines années. Ce financement devra cependant être fait via des programmes dédiés à cette cause.