Le Monastère de Berthierville donne des maux de tête à ses propriétaires

Fabrice Samedy | 26 février 2026 | 15:08

L’ancien monastère de Berthierville est devenu un véritable casse-tête pour ses propriétaires, car ils ne sont pas en mesure de s’en débarrasser

La situation a atteint un point tel que Jean-Claude Paillé et son associé André St-Martin ont mis l’immeuble qualifié de « cancer immobilier » en vente pour la somme symbolique de 1 $.

« Je me sens pris en otage », a déclaré M. Paillé au Journal de Montréal, tandis que M. St-Martin a affirmé qu’il n’aurait « jamais embarqué dans le projet » s’il avait été mis au courant des conséquences de cette implication. Le tout a commencé en 2019 alors que les deux promoteurs ont acquis l’ancien monastère des Moniales-Dominicaines-de-Berthierville pour 250 000 $ afin de le démolir et y construire un projet résidentiel. Ils avaient par ailleurs reçu un permis de démolition de la part de la MRC.

Toutefois, le ministère de la Culture et des Communications a mis un terme à cette idée alors qu’il a classé les lieux en tant que biens patrimoniaux. Ce geste du ministère empêche toute modification, réparation ou démolition sans son autorisation. La démolition du bâtiment a été une option acceptée par les Moniales.

Or, l’ancien monastère inoccupé depuis plus d’une décennie est en mauvais état. Des travaux urgents de plus d’un million de dollars ont été imposés aux propriétaires dans le but de protéger l’endroit et préserver sa valeur patrimoniale. Le cauchemar continue alors que des cas d’intrusions, de vols, de vandalismes et un incendie ont été déclarés à cet endroit. De plus, l’ancien monastère coûte excessivement cher aux deux hommes d’affaires, car il est impossible d’assurer l’immeuble.

Il est à noter que l’accès est dangereux sans l’utilisation d’équipement spécialisé, et ce, en raison de la présence d’amiante et d’autres contaminants.

Un dossier amené devant les tribunaux

Un recours judiciaire a été intenté par les propriétaires en 2019 contre le gouvernement, par l’entremise d’une compagnie dont ils sont les actionnaires, pour expropriation déguisée.

« On n’a rien contre la protection du patrimoine, c’est seulement l’iniquité financière qui ne fonctionne pas dans cette affaire », avait déclaré André St-Martin au quotidien.

M. St-Martin est d’avis que les coûts des rénovations devraient être assumés par le gouvernement si ce dernier juge l’immeuble comme étant d’intérêt collectif.

L’appel des promoteurs a été refusé par la Cour suprême en juillet dernier. Cependant, les deux hommes ont décidé d’amener le dossier devant le Tribunal administratif du Québec. Ils ont affirmé avoir déboursé plus de 2 M$ pour ces manœuvres juridiques.

C’est étant à court de solutions que les propriétaires ont décidé de mettre en vente l’immeuble ainsi que son terrain de plus de 100 000 pieds carrés pour la somme de 1 $. Une page publicitaire a aussi été achetée au début du mois de février pour attirer des acheteurs potentiels. Une vingtaine auraient manifesté un intérêt, pour ensuite changer d’idée après un examen du dossier. Le gouvernement aurait aussi refusé de prendre possession des lieux.

Le rôle d’évaluation effectuée par la Ville de Berthierville en 2022 dévoilait que la valeur totale du terrain et de l’immeuble était de 733 800 $.