Le monde communautaire québécois manifeste

Fabrice Samedy | 23 mars 2026 | 13:33
Image officielle du mouvement Le communautaire à boutte

Un mouvement de contestation du monde communautaire connu sous le nom de Le communautaire à boutte ! s’amorce aujourd’hui au Québec pour dénoncer la situation actuelle marquée par un épuisement du système.

Ce mouvement touchera la région de Lanaudière de façon importante alors que Christina Roy, intervenante au Calacs La Chrysalide, a indiqué que plus de 600 organismes lanaudois se sont dotés d’un mandat de grève, mais que ce nombre pourrait grossir dans les prochains jours.

L’Association des personnes handicapées D’Autray Sud (APHAS) s’est aussi ralliée à cette mobilisation panquébécoise d’organismes communautaires autonomes qui se déroulera du 23 mars au 2 avril. La contestation vise à démontrer l’épuisement qui résulte d’un sous-financement chronique, de la surcharge sur le terrain et du manque de reconnaissance de la part des instances gouvernementales.

L’APHAS se reconnait pleinement en ce qui a trait à la problématique du financement alors qu’elle chiffre son manque à gagner annuel à 225 000 $. L’Association mentionne que cette lacune affecte ses services, ses usagers et ses employés.

« Le fossé entre notre réalité, les besoins, et l’inflation qui se creuse de plus en plus, crée des conséquences néfastes tant sur la qualité que sur la quantité des services que nous avons la capacité d’offrir. L’indexation annuelle de notre financement selon le rehaussement du coût de la vie ne suit même pas ! », a mentionné Karine Courchesne, directrice de l’organisme.

L’organisme fondé en 1978 a vu son envelopppe s’amenuir au cours de la dernière décennie, et ce, malgré les mêmes revendications. L’entité se dit aussi sur le point d’atteindre la limite de sa capacité d’adaptation.

« Ce qui me dérange le plus, c’est de constater que le gouvernement, n’ayant pas la capacité de répondre pleinement aux besoins de ses citoyens, se tourne vers les organismes communautaires comme partenaires sans leur offrir la reconnaissance qu’ils méritent. Les demandes croissantes accentuent la pression que nous subissons déjà. On ne peut plus suivre », a ajouté Mme Courchesne.

La directrice a également avancé que l’investissement d’un dollars dans un organisme communautaire représente 12 $ d’économie pour le réseau de la santé de la région.

La question du financement a aussi été évoquée par le Carrefour Familial des Moulins alors que l’organisme de Terrebonne a dévoilé que les organismes communautaires font face à une augmentation importante des besoins présents au sein de la population. Toutefois, le Carrefour a précisé que le financement ne suit pas au même rythme, ce qui a pour effet de fragiliser la capacité des organismes à maintenir leurs services et à répondre aux besoins.

En plus du financement, l’Association des personnes handicapées D’Autray sud souhaite également obtenir une reconnaissance adéquate du réseau communautaire. Tricya Normandin, du Calacs La Chrysalide, a expliqué pourquoi la notion de reconnaissance est importante pour le milieu communautaire.

Tricya Normandin

Il est à noter qu’une mobilisation régionale aura lieu le 27 mars prochain devant les bureaux de circonscription du premier ministre François Legault. De nombreux organismes, dont l’APHAS, se rassembleront le 2 avril devant l’Assemblée nationale à Québec.

Le gouvernement réagit

Appelée à commenter, la ministre responsable de l’Action communautaire et de la Solidarité sociale, Chantal Rouleau, soutient que son gouvernement a le plus fait pour le milieu, notamment par la mise en place en 2022 d’un plan d’action attendu depuis 15 ans qui prévoyait alors 2,2 G$ sur 5 ans.

Un montant bonifié de 256 M$ dans le dernier budget.

Se disant toujours à l’écoute, la ministre explique les changements apportés depuis 2018.

Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire

Avec les informations de Louis-Philippe Harnois-Arel