Service d’aide à domicile | Une agence de placement sous surveillance de l’Autorité des marchés publics

Fabrice Samedy | 8 avril 2026 | 14:14
Image d'illustration de Dépositphotos.

Les méthodes de recrutement d’une agence de placement de personnel œuvrant dans la région de Lanaudière sont sous surveillance par l’Autorité des marchés publics (AMP).

Un texte de La Presse indique que le Groupe santé IPA est accusé de mener une campagne de maraudage jugée agressive, et ce, après avoir remporté un appel d’offres. Par ailleurs, il est à noter que les propriétaires de l’entité ont travaillé pour une agence soupçonnée d’avoir participé à un stratagème de collusion il y a plusieurs années.

Cette situation entraîne des répercussions pour des citoyens de la région alors qu’une Lanaudoise a été informée au début du mois de février que l’aide à domicile qui l’aidait à prendre son bain ne reviendrait plus, et ce, après cinq ans de services. L’interruption est causée par le fait que l’employeur de l’aide, la Coopérative en soutien à domicile de la MRC de L’Assomption, a perdu un appel d’offres à l’agence de placement de personnel Groupe santé IPA, ce qui a entraîné la mise à pied de l’aide à domicile de la dame de 86 ans.

« Ça me fait bien de la peine. Il prenait soin de moi depuis longtemps. Il connaissait toutes mes aises », a-t-elle confié à La Presse.

Le Groupe a par la suite lancé une campagne de recrutement sur les réseaux sociaux. De plus, une employée d’une des agences coopératives d’aide à domicile écartées du marché a affirmé que le Groupe santé IPA a tenté de l’embaucher en appelant chez une des bénéficiaires alors qu’elle y travaillait. Une autre aide à domicile a rapporté que sa bénéficiaire a subi de la pression d’une employée d’IPA pour qu’elle la convainque d’aller travailler chez eux.

Une offre d’emploi publiée en ligne par l’organisation dévoilait une rémunération de 21 $ et 22 $ l’heure, un montant nettement inférieur au salaire de 27 $ l’heure que donnaient les deux coopératives d’emploi établies dans la région depuis des années.

« Cela étant dit, nous avons aussi appris l’existence d’un stratagème douteux de certaines entreprises ayant gagné le contrat. Ne disposant pas nécessairement du personnel pour honorer le contrat, certains usagers — vulnérables, rappelons-le — ont été contactés par l’agence pour être mis en contact avec leurs préposés actuels, afin de les embaucher pour éviter une rupture de service. En résumé, on utilise des personnes vulnérables, on les insécurise et on bafoue leurs droits à recevoir des soins conformes à leurs besoins. Cette situation est connue du CISSS de Lanaudière, qui a entretenu plusieurs communications à ce sujet. Pour nous, c’est une situation inacceptable qui constitue non seulement de la maltraitance organisationnelle, mais un motif de suspension des contrats en vertu des clauses de défaut de livraison et de respect du code d’éthique de l’établissement », a réagi Louise Henrichon, présidente du Comité des usagers du Sud de Lanaudière.

L’Autorité des marchés publics a confirmé à La Presse que des vérifications d’intégrité étaient menées auprès de Groupe santé IPA.

Des critiques qui ne datent pas d’hier

Les critiques concernant les conséquences du processus d’appel d’offres du CISSS de Lanaudière ne datent pas d’hier alors que deux entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) avaient fait une sortie publique au mois de février, tel que rapporté par Mon Joliette.

La Coopérative d’aide à domicile Dimavie et la Coopérative en soutien à domicile de la MRC de L’Assomption avaient laissé savoir à l’époque qu’un appel d’offres effectué a entraîné le transfert forcé d’une clientèle vulnérable vers de nouveaux fournisseurs privés. Les organisations avaient ajouté que ce transfert ne donnait pas de garantie suffisante en ce qui concerne les relations avec les utilisateurs et la qualité des services.

Un total de 125 aides à domicile et 403 bénéficiaires se retrouvaient au centre de cette situation.