Le député de Masson vise le conseil d’administration de l’Ordre des ingénieurs du Québec
Le député de Masson, Mathieu Lemay, convoite un poste au sein du CA de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), tout en conservant son rôle à l’Assemblée nationale.
Bien que certains puissent crier aux risques de conflits d’intérêts, le politicien affirme avoir vérifié qu’il pouvait occuper ces deux fonctions.
Il confirme avoir fait les mêmes démarches de vérification auprès de l’ordre et du secrétaire général de l’Assemblée nationale.
Il a rappelé qu’un conflit d’intérêts ne survient pas nécessairement lorsqu’une personne occupe plusieurs rôles.
«Un conflit d’intérêts, c’est quand tu prends une décision qui peut influencer un dossier qui te touche directement, que tu en tires un avantage personnel ou que tu refuses de te retirer d’un dossier quand tu devrais le faire», a-t-il expliqué en précisant qu’il comptait suivre les codes d’éthiques de l’Assemblée nationale et de l’OIQ.
«Je n’ai jamais utilisé ma fonction de député pour favoriser l’Ordre ni utiliser l’Ordre pour favoriser ma carrière politique», a indiqué l’ingénieur mécanique de formation.
Après avoir complété une maîtrise en administration publique, en 2025, celui qui compte 12 années d’expérience en politique est d’avis qu’il peut mettre ses compétences à profit.
«Mon objectif, en posant ma candidature, est simple : mettre mon expérience d’ingénieur et de parlementaire au service de la protection du public, notamment sur des enjeux comme la crise des infrastructures et le déficit de maintien des actifs, où la voix des ingénieures et des ingénieurs doit être encore mieux entendue», a-t-il indiqué dans une publication Facebook.
Réaction du Parti québécois
Questionné à ce sujet par Le Journal de Montréal, le député péquiste Alex Boissonneault estime que la situation montre une apparence de conflit d’intérêts.
«La candidature d’un député sur le Conseil d’administration de l’Ordre des ingénieurs soulève une apparence de conflit d’intérêts évidente, qui s’inscrit dans la nonchalance caquiste en matière d’éthique, au même titre que ses collègues Pierre Fitzgibbon, France-Élaine Duranceau ou les cocktails à 100 $ pour parler à des ministres. Le public est en droit d’avoir la certitude que les élus font leur travail pour le bien commun, et pas en fonction des intérêts d’un acteur particulier de la société civile, quel qu’il soit. Nous voulons lire l’avis de la Commissaire à l’éthique sur la question et savoir si monsieur Lemay a eu l’assentiment de la première ministre Fréchette pour cette candidature», a-t-il dit.
De son côté, le candidat péquiste dans Masson pour les prochaines élections, Stéphane Handfield, s’est contenté de mentionner qu’il compte s’investir à 100 % s’il est élu en octobre prochain.
«C’est une fonction qui nécessite toute notre attention et notre respect», a-t-il souligné dans une publication Facebook.
Notons que ce n’est pas la première fois que des élus provinciaux occupent deux fonctions. Le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard a conservé son emploi d’avocat-conseil en immigration, tandis que les ex-députés Amir Khadir (Québec solidaire) et Yves Bolduc (Parti libéral du Québec) avaient continué d’exercer en tant que médecin spécialiste et médecin de famille en marque de leur fonction de député.