Christine Fréchette annonce trois nouvelles mesures en lien avec le coût de la vie

La Presse Canadienne | 25 mai 2026 | 14:54
La première ministre du Québec, Christine Frechette, fait son entrée lors de la réunion du conseil général de la Coalition Avenir Québec qui s'est tenue à Lévis, le samedi 23 mai 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Karoline Boucher)

Se sachant vulnérable aux critiques sur sa propension à dépenser, la première ministre Christine Fréchette s’était assurée d’avoir son ministre des Finances, Eric Girard, à ses côtés pour annoncer lundi trois mesures d’allègement du coût de la vie qui totalisent 682 millions $.

Ces mesures, a-t-elle dit, visent à «aider les Québécois à faire face au coût de la vie, qui se fait sentir depuis fort longtemps d’ailleurs. Des mesures qui, je le souligne, respectent le cadre financier 2026-2027.» 

«L’inflation, ça touche tout le monde. (…) On doit donner de l’oxygène aux Québécois. On doit donner un coup de pouce financier aux Québécois», a affirmé Mme Fréchette, qui se trouvait dans une épicerie de Sherbrooke pour l’occasion, flanquée de deux paniers contenant des articles qui seront détaxés pour de bon à compter du 15 juillet. 

Régler une iniquité

«On vient aujourd’hui régler en fait une sorte d’iniquité ou d’illogisme, on pourrait dire, parce qu’il y a plusieurs des produits qu’on achetait qui étaient taxés, si on en achetait moins que six. Et puis à partir du moment où on en a acheté six, là ils devenaient détaxés. Donc on vient éliminer cette incongruité-là», a fait valoir la première ministre.

L’annonce vise notamment des collations, comme les barres tendres et les noix, les fruits et les légumes coupés etprêts à servir, ainsi que le papier hygiénique et les mouchoirs en papier.

Québec estime que le retrait de la TVQ sur ces différents produits permettra à un couple avec deux enfants d’économiser près de 50 $ en moyenne sur une année. Sur une base quotidienne, une telle économie ne représente que 13,7 sous par jour ou 4,15 $ par mois. 

Immatriculation réduite de 50 $

Il faudra donc additionner d’autres mesures pour en arriver à des économies sensibles et Mme Fréchette a également confirmé son engagement d’appliquer une réduction de 50 $ sur le coût de renouvellement des droits d’immatriculation pour les véhicules de promenade pendant un an à compter du 1er septembre.

La première ministre a expliqué que la réduction sera appliquée automatiquement au moment du renouvellement de l’immatriculation. Le gouvernement avance que cette mesure visera les véhicules à essence, hybrides, hybrides rechargeables et au diesel, soit près de 4,9 millions de voitures. Les propriétaires de voitures électriques et de véhicules récréatifs ne recevront pas ce rabais. 

Annonce inattendue

La vraie surprise est venue d’une annonce qui, elle, s’adresse véritablement aux personnes à faible revenu ou à revenu moyen, c’est-à-dire l’ensemble des bénéficiaires du crédit d’impôt pour solidarité.À compter du 4 juin, ces personnes se verront verser automatiquement un montant forfaitaire qui s’élèvera à 10 $ pour une personne seule, 150 $ pour un couple sans enfant ou une famille monoparentale et 200 $ pour les couples avec enfants. Cette mesure doit bénéficier à 3,5 millions de personnes, dont 295 000 familles avec enfants. Le seuil maximal fixé pour recevoir cette aide est un revenu de moins de 63 000 $ pour une personne seule et de moins de 74 000 $ pour une famille.

Dans le meilleur des cas, donc, une famille bénéficiaire du crédit d’impôt pour solidarité pourrait épargner jusqu’à 350 $ par année. Pour les autres, on parle d’une économie annuelle de 100 $.

La ventilation des ces mesures nous apprend que la détaxation des aliments coûtera 102 millions $ à l’État, une somme qui sera récurrente. La réduction des frais d’immatriculation représente, elle, 245 millions $, mais ne sera pas récurrente. Le chèque envoyé aux bénéficiaires du crédit d’impôt pour solidarité représente de son côté un déboursé de 335 millions $, un montant qui ne sera pas récurrent lui non plus.

Girard: «On a la marge de manoeuvre» 

Mme Fréchette avait déjà atteint la maximum de la «petite caisse» de 250 millions $ que lui avait mis de côté le ministre des Finances dans son budget et avec les annonces de lundi, le total des sommes récurrentes engagées atteint maintenant 336 millions $, auxquelles s’ajoutent les 580 millions $ non récurrents.

Mais Eric Girard a dû intervenir à quelques reprises pour exposer l’état réel des finances publiques afin de tenter de désamorcer ce qui s’annonce déjà comme un argument qui sera répété sans relâche par les partis d’opposition lors de la prochaine campagne électorale. 

«On a des revenus supplémentaires qui compensent amplement ces sommes et d’ailleurs, nous allons publier les comptes publics de l’année 25-26 à la fin juin et les résultats sont meilleurs que prévu», a-t-il dit.

«Les finances publiques sont dans un bon ordre, a-t-il poursuivi. Le déficit 24-25 a été révisé à la baisse, le déficit 25-26 a été révisé à 9,9 milliards $ et sera révisé encore aux comptes publics. C’est 1,2 % du PIB, la moyenne des provinces canadiennes est de 1,9 %. Notre niveau de dette, on a 4 % moins de dette que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en proportion de l’économie. Et ça, c’est après une pandémie, l’invasion d’Ukraine par la Russie, une guerre tarifaire et maintenant un conflit au Moyen-Orient. Vraiment, la dette est bien gérée. Alors, je vous confirme qu’on a la marge manoeuvre pour faire les gestes qu’on fait aujourd’hui.»