Hôpital Pierre-Le Gardeur : Les conséquences d’une urgence qui déborde

Jessica Potsou | 9 juin 2026 | 13:51
Photo: Effet Papillon

Décès, personnel agressé, longue attente dans des corridors… l’urgence de l’hôpital Pierre-Le Gardeur déborde, ce qui a provoqué plusieurs drames dans la dernière année.

Le Journal de Montréal rapporte notamment le décès d’une femme âgée dans un corridor et l’agression d’une infirmière par un patient.

De plus, l’urgence est si occupée que des patients sont laissés sans surveillance à des endroits qui ne sont pas conçus pour ça.

« Cette réalité nous brise le cœur. Elle nous épuise. Et surtout, elle met la population à risque », a mentionné Claude Lavallée, infirmière et présidente du Syndicat interprofessionnel de Lanaudière, affilié à la FIQ. Cette dernière a contacté le quotidien avec l’agente syndicale Nancy Perreault afin de dénoncer la situation. 

Elles demandent également « des actions concrètes et humaines avant qu’un autre drame évitable ne survienne ». 

Notons qu’en janvier dernier, un ambulancier a signalé la présence d’une dame inerte qui attendait des soins. Son décès a malheureusement été constaté par la suite.

Une infirmière étranglée par un patient

Le Journal de Montréal rapporte également une situation où une infirmière a failli être tuée après avoir repoussé à plusieurs reprises un patient qui tentait de l’embrasser.

« Mes pieds ne touchaient plus par terre, et je ne parvenais pas à atteindre le bouton panique, sur le mur », a raconté Sara Kelly.

L’agression est survenue alors que l’infirmière était seule dans une section verrouillée, accueillant une douzaines de patients potentiellement dangereux. En temps normal, deux infirmières doivent assurer une présence constante dans cette section.

Un homme âgé, qui ne présentait pas de signes de danger, a profité du fait que Mme Kelly était seule pour tenter de l’embrasser. Lorsqu’elle a refusé, il l’a agrippé par la gorge. L’alerte a été sonnée par une infirmière qui a vu la scène en passant dans le corridor attenant.

Depuis cet événement qui s’est produit il y a huit mois, des boutons panique sont maintenant disponibles à même l’uniforme des employés. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière a également assuré avoir « rehausser de façon significative le taux de formation du personnel (…) qui vise à mieux prévenir, reconnaître et désamorcer les situations de violence », selon ce qu’a rapporté le quotidien.

Une urgence qui déborde

À l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, le taux d’occupation de l’urgence dépasse souvent les 100 %. Il arrive même que près de 60 patients occupent des civières dans l’attente de voir un médecin.

Ainsi, il arrive que des patients soient installés dans des endroits inappropriés à leur situation. Par exemple, il arrive que des personnes atteintes d’Alzheimer soient installées dans une section réservée aux cas de santé mentale potentiellement dangereux, selon ce qu’a révélé Le Journal de Montréal

De plus, le ratio infirmière-patients n’est pas toujours respecté.

Malgré cette sortie des représentantes syndicales, le CISSS estime que l’affluence de patients est contrôlée de façon efficace.

« Lorsque la situation l’exige, nous avons des lits de surcapacité dans des zones aménagées à cet effet à l’urgence de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur et qui permettent de répondre, à court terme, aux besoins des usagers, tout en étant sécuritaires. Nos ratios sont ajustés pour nous permettre d’assurer une vigie et d’offrir les soins requis aux patients », a déclaré un employé dans un courriel non signé envoyé au quotidien.