Projet de contournement de Sainte-Julienne | Le CRE Lanaudière appuie le rapport du BAPE
Image d'ilustration de Dépositphotos. Le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière (CRE Lanaudière) a démontré son appui envers le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui renvoie le projet de contournement de Sainte-Julienne sur la table à dessin.
L’organisation estime que le rapport confirme les préoccupations soulevées depuis plusieurs années par les citoyens, les groupes environnementaux et plusieurs intervenants du milieu.
La commission a reconnu les enjeux de circulation dans le corridor de la route 125 et a conclu que le projet, dans sa forme actuelle, doit être revu à cause des impacts majeurs qu’il entraînerait sur les milieux naturels et sur la qualité de vie des résidents du secteur.
« Le BAPE envoie un message clair au ministère des Transports et de la Mobilité durable : il ne suffit pas de démontrer des gains en fluidité de la circulation. Les impacts environnementaux et sociaux associés au projet sont importants et plusieurs aspects fondamentaux doivent être repensés », a affirmé Francis Bergeron, premier vice-président du conseil d’administration du CRE Lanaudière.
Par ailleurs, le corridor visé par le projet traverse un important ensemble boisé comprenant des milieux humides, des cours d’eau, ainsi que des habitats fauniques et floristiques d’intérêt. La perte de la grande valeur écologique des superficies boisées et leur importance pour la communauté ont été soulignées dans l’analyse du BAPE. En plus du reboisement prévu, le Bureau recommande que le Ministère envisage l’acquisition et la conservation d’un boisé de valeur équivalente à proximité du projet, ainsi que la mise en place de mesures compensatoires adaptées aux usages pratiqués dans les secteurs impliqués.
La commission est aussi d’avis que le Ministère devrait amorcer immédiatement l’élaboration d’un plan de compensation pour les pertes de milieux humides et hydriques. Cependant, le CRE Lanaudière indique que les possibilités d’acquisition de terrains permettant une compensation écologique équivalente sont extrêmement limitées dans la MRC de Montcalm.
Pour l’organisation, cette réalité soulève de sérieuses questions en ce qui a trait à la capacité réelle du promoteur à compenser les dommages environnementaux causés par le projet.
Un projet coûteux avec des résultats discutables
Tandis que le coût du projet dépasse maintenant les 100 millions de dollars, le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière conteste la pertinence d’investir dans un nouveau tronçon routier. Ce questionnement survient dans un contexte où le gouvernement du Québec fait face à d’importantes contraintes budgétaires et que le déficit d’entretien des infrastructures routières continue d’augmenter.
Le choix d’aménager une route à quatre voies alors que les tronçons situés au nord et au sud du projet demeurent à deux voies a aussi été mis en question, car selon le CRE Lanaudière, une telle configuration risque de déplacer les problèmes de congestion au lieu de le résoudre.
La structure considère que la construction d’une nouvelle route à quatre voies dans un secteur forestier et humide est une réponse disproportionnée pour un problème de congestion qui est principalement concentré lors des périodes de pointe saisonnières.
Pour terminer, le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière a réitéré sa position expliquant que le gouvernement devrait réévaluer ce projet et analyser sérieusement des scénarios alternatifs.