Profilage racial : deux policiers blâmés pour une intervention survenue en 2020 à Mascouche

Jessica Potsou | 29 juillet 2026 | 13:59
Gracieuseté SQ

Deux policiers de la Sûreté du Québec ont été blâmés en déontologie pour profilage racial sur un Mascouchois en décembre 2020.

Le tout s’est produit le 4 décembre 2020 alors que Leslie Blot circulait à bord de son VUS de luxe. Le sergent Simon Deveault-Bonenfant et l’agent François Bleau-Goulet l’ont intercepté pour un contrôle routier alors qu’il revenait du cimetière où sa mère était inhumée.

Ces derniers voulaient valider l’identité du Mascouchois, croyant que le Cadillac Escalade qu’il conduisait appartenait à une femme.

La situation a pris une autre envergure lorsque le sergent Deveault-Bonenfant a effectué une fouille illégale du sac de M. Blot, évoquant la présence possible de drogue. Ces derniers ont également insulté le père de famille alors qu’il indiquait poliment son mécontentement, le qualifiant de « victime nationale du siècle » et de « drama queen », peut-on lire dans la décision du tribunal administratif de déontologie policière rendue en juin dernier.

Finalement, les policiers ont remis un constat d’infraction à l’homme, car il n’avait pas fait poser les pneus d’hiver sur sa voiture. Cette dernière a d’ailleurs été remorquée.

« Ainsi, à la lumière de la preuve, le Tribunal estime que pratiquement l’entièreté des circonstances entourant l’intervention révèle plusieurs des indicateurs de profilage racial dont il est fait mention précédemment qui, mis ensemble, démontrent de manière prépondérante que monsieur Blot a fait l’objet d’un traitement différencié, faisant de ce dossier un cas manifeste de discrimination fondée sur la race ou la couleur de sa peau », a déclaré la juge administrative Isabelle Côté.

De son côté, Leslie Blot est toujours marqué par les événements, mais se réjouit de la décision rendue dans son dossier. 

« Quand on se fait attaquer par des policiers, le sentiment de sécurité prend le bord. Ils m’ont traité comme un criminel et je me suis senti comme un moins que rien. Se faire insulter ainsi, c’est dégueulasse », a-t-il dit en entrevue avec Le Journal de Montréal.

Le Mascouchois estime que les corps policiers doivent se pencher sur leurs pratiques et punir les agents commettant des actes de profilage racial.