Une entente de principe est intervenue entre WestJet et ses agents de bord
Des agents de bord de WestJet manifestent à l’aéroport international de Vancouver, à Richmond, en Colombie-Britannique, le dimanche 2 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns WestJet et le syndicat représentant environ 4400 agents de bord sont parvenus à une entente de principe tôt lundi matin, mettant ainsi fin à l’arrêt de travail qui a paralysé le trafic aérien dans tout le pays et laissé de nombreux voyageurs dans l’incertitude.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a indiqué dans un communiqué de presse que l’entente de principe sera soumise à ses membres pour examen et ratification. Dans l’intervalle, l’avis de grève du syndicat et l’avis de lock-out de l’entreprise ont été retirés, et les agents de bord vont reprendre le travail.
«Cette entente de principe représente un progrès significatif», a souligné Alia Hussain, présidente de la section locale 8125 du SCFP, dans le communiqué, ajoutant que le projet d’accord reconnaît «une plus grande portion du travail effectué par les agent(e)s de bord et en augmentant la rémunération globale pour ce travail».
«Plus important encore, cette entente a été obtenue à la table de négociations», a ajouté Mme Hussain.
Annulations et horaires incertains
Les agents de bord se sont mis en grève tôt dimanche matin, après avoir échoué à conclure un nouvel accord avec la compagnie aérienne. WestJet a alors cloué au sol tous ses vols pendant une longue fin de semaine estivale dans une grande partie du Canada.
Les négociations contractuelles étaient en cours à Calgary depuis janvier, WestJet et le SCFP étant en désaccord sur les augmentations salariales et la revendication du personnel navigant commercial concernant le travail au sol non rémunéré.
Lundi, il était encore incertain quand la compagnie aérienne serait en mesure de reprendre ses activités et ses horaires normaux, mais WestJet a précisé dans un communiqué de presse distinct qu’elle communiquerait des détails dès qu’ils seraient disponibles.
«Nous savons que cette perturbation a été frustrante pour nos invités et les WestJetters, et nous en sommes désolés, a indiqué Alexis von Hoensbroech, chef de la direction de l’entreprise. Nos équipes travaillent sans relâche pour rétablir le service et permettre à nos invités de se rendre à destination le plus rapidement possible, et nous remercions tout le monde de sa patience alors que nous revenons progressivement à la normale.»
Le fédéral se réjouit
Ni WestJet ni le SCFP n’ont fourni de détails sur l’entente de principe, bien que M. von Hoensbroech ait indiqué que celle-ci reconnaissait le travail acharné et le professionnalisme du personnel navigant commercial.
Tous les vols WestJet au départ de l’aéroport international Pearson de Toronto restaient annulés lundi matin, selon une publication sur le compte de l’aéroport sur la plateforme de réseaux sociaux X. Le message conseillait aux voyageurs de contacter directement la compagnie aérienne.
Patty Hadju, ministre fédérale de l’Emploi et des Familles, a déclaré avoir rencontré WestJet et le SCFP tout au long de leurs négociations.
«Le gouvernement fédéral et les Canadiens se réjouissent que les parties soient parvenues à un accord ensemble, à la table de négociations», a-t-elle déclaré lundi matin dans un message publié sur X.
WestJet avait autorisé les passagers voyageant entre le 30 juillet et le 4 août à effectuer une modification ou une annulation unique sans frais, en prévision de la grève. Les détenteurs de billets dont le vol a été annulé en raison de la grève peuvent prétendre à un remboursement.
L’entreprise assure plus de 600 vols par jour, transportant un nombre considérable de passagers — parfois plus de 70 000, selon l’entreprise. Selon les experts, même un arrêt de courte durée aurait coûté des millions de dollars à WestJet en pleine haute saison estivale.
Un an après Air Canada
L’arrêt de travail du personnel navigant commercial est survenu moins d’un an après que la question des heures de travail au sol non rémunérées eut déclenché une grève de 10 000 agents de bord chez Air Canada. À l’époque, Mme Hajdu avait ordonné au Conseil canadien des relations industrielles de leur enjoindre de reprendre le travail quelques heures seulement après qu’ils eurent cessé le travail.
Le syndicat a défié cette injonction, contraignant Air Canada à revenir à la table des négociations, où les parties ont conclu un accord provisoire.
Cette décision a constitué un précédent qui a servi d’avertissement aux dirigeants des compagnies aériennes de tout le pays en vue des futures négociations.
Le gouvernement fédéral indique que les compagnies aériennes, tant au Canada qu’à l’international, rémunèrent généralement les agents de bord pour leur temps de vol ou pour un bloc d’heures, selon ce que le secteur appelle le système de crédits. Il prévoit généralement des compléments de salaire pour couvrir les tâches hors vol.
WestJet indique sur son site web qu’elle propose ce taux de rémunération plus élevé, crédité sur l’ensemble de la journée de travail.
La rémunération de WestJet varie entre 28,88 $ et 53,61 $ par heure de crédit. À raison de 80 heures de crédit par mois — ce qui correspond à un emploi à temps plein —, cela représente entre 27 700 $ et 51 500 $ par an.
Alors que de nombreuses compagnies aériennes conservent ce type de structure de rémunération, Delta Air Lines a été le fer de lance des réformes en 2022 en devenant la première compagnie en Amérique du Nord à rémunérer spécifiquement ses agents de bord pour le travail effectué au sol. American Airlines et Alaska Airlines ont emboîté le pas en proposant une prime d’embarquement équivalente à 50 % du taux horaire normal.
En février, les agents de bord d’Air Canada ont obtenu une rémunération pour leur travail au sol qui atteindra 70 % de leur taux horaire pour l’heure précédant le décollage — également appelée prime d’embarquement.
Enquête du fédéral
Ottawa a ouvert une enquête sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien en août 2025, lorsque les négociations entre Air Canada et le syndicat représentant son personnel navigant commercial ont atteint un point critique.
Il a indiqué, lors de la première phase de son enquête, qu’il lui était difficile de trouver les données nécessaires pour analyser les revendications des travailleurs et qu’il n’avait pas pu constater de manquement généralisé aux normes salariales fédérales au sein du secteur.
Les enquêteurs ont toutefois signalé certains problèmes concernant les agents de bord à temps partiel et débutants, qui méritaient d’être examinés de plus près.
En mai, le principal syndicat canadien des agents de bord a dénoncé les informations fournies par les compagnies aériennes au gouvernement, alors que des questions persistent quant à ce qui constitue le «travail» dans le secteur de l’aviation.
Dans une lettre, le responsable de la division des compagnies aériennes du SCFP a affirmé que les auto-audits sur les salaires que les compagnies aériennes ont fournis aux autorités ce mois-ci s’appuient sur une définition étroite et trompeuse du travail afin de prouver que le personnel navigant commercial est rémunéré équitablement.