Le Bloc québécois critique le budget fédéral

Fabrice Samedy | 6 novembre 2026 | 16:21

Les députés Yves Perron (Berthier-Maskinongé) et Patrick Bonin ont dénoncé un budget fédéral qui, selon eux, « rend les Québécois encore moins maîtres chez eux, qui ne répond pas aux demandes du gouvernement du Québec et qui ignore la plupart des attentes » portées par le Bloc québécois.

Par exemple, M.Perron a critiqué le fait que le budget ne rembourse pas les frais payés par Québec pour l’accueil des demandeurs d’asile. Le député a avancé que cette dette d’Ottawa s’affiche à près de 700 M$ et qu’elle traîne depuis 2024. La diminution de l’indexation des transferts en santé de 5 % à 3 %, prévue dès 2028, a aussi été condamnée puisque le Québec demande plutôt une hausse.

« Ce sont les gens, les aînés, les malades qui vont en souffrir. Il s’agit d’un combat qu’il faut absolument poursuivre. Le Québec ne peut pas absorber une coupe fédérale en santé. D’un côté, le fédéral réduit la marge de manœuvre financière du Québec de 1 milliard par année avec sa mégadéduction et de l’autre, il réduit sa contribution financière en santé de milliards de dollars. Ottawa sabote l’autonomie financière du Québec », a expliqué Yves Perron et Patrick Bonin.

Le représentant politique de la circonscription de Berthier-Maskinongé a déclaré que les attentes budgétaires du Bloc Québécois ont été que partiellement répondues. Toutefois, la hausse de la prestation pour l’épicerie ainsi que l’élargissement du Crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique ont été salués. En dépit du fait que le milieu culturel pourra finalement toucher les 600M$ promis, un point qu’il avait abordé dans une sortie précédente, il a mentionné que la joie sera de «courte durée, car n’y aura plus un sou dès l’an prochain».

M. Perron avait précédemment critiqué le gouvernement Carney concernant leur refus de s’engager à restaurer les redevances aux plateformes américaines de diffusion en ligne et le versement des 600 M$ au milieu culturel.

Le député Patrick Bonin a pour sa part montré son appui en ce qui concerne le gain sur le dossier des transferts de fermes.

« Je suis particulièrement satisfait de voir que nous avons finalement gain de cause pour les transferts de fermes aux neveux et nièces qui pourront maintenant bénéficier du report de taxation de gain en capital, au même titre que lors d’un transfert à la famille immédiate. C’est une lutte de longue date que j’avais menée au Parlement avec mes collègues. Malgré ces quelques bonnes nouvelles, nous rappellerons à M. Carney qu’il doit avoir le courage de rétablir les redevances pour les géants du numérique. La pérennité du secteur en dépend », s’est-il exclamé dans un communiqué.

Il a également noté que le Québec pourrait essuyer une perte de près de 14 milliards de dollars sur cinq ans. Monsieur Bonin a aussi fait état d’une imposition d’une stratégie canadienne d’électrification de la part d’Ottawa dans un domaine relevant des compétences du Québec. Il avance que cette stratégie qui prévoit notamment du financement pour le gaz, le nucléaire et les entreprises amènera une concurrence à Hydro-Québec sur le marché nord-américain.

Le député bloquiste pour la circonscription de Repentigny a aussi affirmé le gouvernement fédéral investit massivement pour promouvoir sa vision d’un Canada fort et contrer le nationalisme québécois, mais tout cela en refusant de rembourser les sommes dûes au Québec.

« Les libéraux ne réparent pas non plus les torts causés au secteur culturel après avoir inutilement cédé aux pressions de Donald Trump. Sur le plan environnemental, le budget ne prévoit aucune mesure sérieuse pour compenser les reculs historiques du gouvernement. Ottawa maintient ses subventions aux énergies fossiles, affaiblit son règlement sur l’électricité propre et assouplit sa tarification du carbone industriel. Ces décisions compromettent davantage l’atteinte des cibles climatiques du Canada », a ajouté le porte-parole en matière d’Environnement et Changements climatiques du Bloc Québécois.

Le manque de mesure pour renforcer la capacité de l’économie à faire face aux politiques commerciales des États-Unis a aussi été mentionné.