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Mark Carney défend le projet de train à grande vitesse entre Toronto et Québec
Prime Minister Mark Carney visits a construction site next to the Century Garden Recreation Centre in Brampton, Ont. before making an announcement on Tuesday April 7 2026. THE CANADIAN PRESS/Chris Young Une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Toronto à Québec serait un véritable atout pour l’économie et la création d’emplois, soutient mardi le premier ministre Mark Carney, défendant le projet de son gouvernement alors que l’opposition à celui-ci ne cesse de croître.
Une grande partie de cette opposition provient des communautés dont des terres seront expropriées pour la construction, mais M. Carney affirme que le projet ne nécessitera qu’environ dix mètres de terrain pour le tracé et que les personnes concernées seront indemnisées.
Lors d’une conférence de presse à Brampton, en Ontario, M. Carney indique que le projet créera plus de 50 000 emplois et apportera plus de 35 milliards $ à l’économie.
«Quand on regarde la situation dans son ensemble, ce que fait le train à grande vitesse, c’est qu’il est plus rentable, plus durable, qu’il relie nos communautés et qu’il sera plus rapide», rappelle M. Carney.
La semaine dernière, le chef conservateur Pierre Poilievre a déclaré que le gouvernement devrait annuler le projet de ligne ferroviaire, alors qu’il suscite une opposition croissante parmi des résidents de zones rurales de l’Ontario et du Québec.
Un groupe communautaire appelé Save South Frontenac a créé une carte mettant en évidence des dizaines d’organisations, de municipalités, de groupes de défense de l’environnement, d’associations agricoles et d’élus qui s’opposent au projet ou ont exprimé des inquiétudes à son sujet.
Selon le groupe, les préoccupations communes portent notamment sur la perte d’accès routier, de terres agricoles et de biodiversité, ainsi que sur les effets sur les sources d’eau, les services d’urgence et les zones de loisirs.
«L’opposition au projet de train à grande vitesse Alto prend de l’ampleur dans tout l’est de l’Ontario, indique le site web de Save South Frontenac. De nombreuses déclarations publiées remettent en question le fait que le projet de train à grande vitesse Alto soit la bonne solution pour le Canada — en invoquant les coûts élevés, le nombre et l’emplacement des arrêts proposés, ainsi que l’absence de plan d’affaires.»
South Frontenac est une région située juste au nord de Kingston, en Ontario, le long du tracé proposé entre Toronto et Ottawa.
Alto, la société d’État créée en 2022 pour superviser le développement du train à grande vitesse, a proposé un corridor d’environ 60 kilomètres de large, mais son site web précise que ce corridor n’est pas le tracé définitif. Des consultations communautaires et des études de terrain sont en cours pour déterminer l’emprise définitive, qui devrait être d’environ 60 mètres de large.
«Ce tracé est la clé pour assurer la rapidité et l’efficacité du futur train Alto: il doit prévoir de longs segments en ligne droite et des courbes d’une grande amplitude pour permettre au train d’atteindre une vitesse de croisière élevée, peut-on lire sur le site web d’Alto. Tout en visant la performance, on cherchera à réduire les impacts sur les communautés environnantes. C’est pourquoi le corridor à l’étude comprend des corridors d’infrastructures existantes, que l’on s’efforcera de longer dans la mesure du possible.»
La construction de la première phase reliant Montréal à Ottawa devrait débuter en 2029 ou 2030, et le coût total du projet est estimé entre 60 milliards $ et 90 milliards $.
Le ministre Champagne en règle
La conjointe du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, Anne-Marie Gaudet, est vice-présidente responsable de l’environnement chez Alto, poste qu’elle occupe depuis août 2025.
M. Carney affirme que M. Champagne respecte les règles d’éthique du gouvernement en se récusant de ce projet.
«C’est une bonne situation, car nous avons une partenaire qui peut poursuivre sa carrière, un ministre des Finances qui peut assumer ses responsabilités, et de nombreux autres ministres qui peuvent assumer les leurs», dit M. Carney, mardi.
Dans une lettre adressée à M. Carney l’année dernière, M. Champagne a précisé qu’il mettait en place de manière proactive un dispositif de vérification des conflits d’intérêts concernant Alto, la société d’État chargée de superviser le projet, en raison de son lien personnel avec une personne au sein de l’organisation.
Le député conservateur et porte-parole du parti en matière d’éthique, Michael Barrett, indique mardi sur les réseaux sociaux qu’il a demandé au commissaire à l’éthique d’enquêter pour déterminer si M. Champagne a enfreint la Loi sur les conflits d’intérêts en ce qui concerne Alto.
«La perspective qu’un ministre des Finances prenne, dans le cadre du processus budgétaire du gouvernement fédéral, des décisions qui présentent des avantages et des bénéfices évidents pour sa conjointe et son employeur — et qu’il agisse et vote au Parlement pour les mettre en œuvre — est une évolution très préoccupante», dit-il.
John Fragos, porte-parole du ministre des Finances, souligne dans un courriel que la lettre de M. Champagne a été envoyée début septembre.
Il ajoute que le ministre a agi de manière proactive et «n’a pris part à aucune discussion, décision ou affaire liée au projet Alto depuis lors, conformément à ses obligations en vertu de la Loi sur les conflits d’intérêts».
M. Fragos précise que les fonds en question avaient été annoncés en février 2025 et alloués dans le budget principal de 2025 — avant que la conjointe du ministre ne rejoigne la filiale du gouvernement.
Melanie Rushworth, porte-parole du Bureau du commissaire à l’éthique, a déclaré dans un courriel adressé à La Presse Canadienne que le commissaire ne commente généralement pas les enquêtes ou les demandes d’enquête.
«Nous pouvons confirmer que le ministre Champagne s’est entretenu avec son conseiller pour obtenir des recommandations et que le Bureau a reçu une copie d’une lettre datée du 10 septembre 2025 dont les médias ont fait état», a-t-elle affirmé.
La Presse Canadienne a obtenu des courriels échangés entre M. Champagne et Nathalie Trépanier, conseillère en conformité au Bureau du commissaire à l’éthique. Dans un courriel envoyé mardi, Mme Trépanier a déclaré qu’«il n’y a aucun risque de conflit d’intérêts et qu’un examen n’est pas nécessaire».
«Étant donné qu’Alto est une société d’État responsable devant le Parlement par l’intermédiaire du ministre des Transports et qu’en tant que ministre des Finances, vous n’avez aucun pouvoir décisionnel sur les questions de ressources humaines chez Alto, vous n’avez pas la possibilité de favoriser les intérêts d’un employé spécifique d’Alto», indiquait le courriel de Mme Trépanier au ministre.