Une mise à jour décevante selon deux députés du Bloc Québécois

Fabrice Samedy | 29 avril 2026 | 15:11
Courtoisie.

Les députés bloquistes de Repentigny et de Berthier-Maskinongé, Patrick Bonin et Yves Perron, ont critiqué la plus récente mise à jour économique.

« Cette mise à jour économique aurait dû répondre à la nouvelle méthode de calcul des tarifs américains. Elle aurait dû mieux soutenir les Québécois, notamment face au coût de la vie. Elle aurait dû marquer un retour à la réalité des libéraux face aux changements climatiques, qui existent toujours. Hormis une baisse du déficit pour l’année dernière, les perspectives financières demeurent les mêmes. Les maigres mesures législatives présentées ne concernent que des annonces du budget de l’automne dernier. En résumé, Mark Carney n’a rien de neuf à offrir aux Québécois », a déploré M. Bonin.

Il a ajouté que le gouvernement Carney a choisi d’ignorer chacune des 11 demandes du Bloc Québécois qui, selon lui, auraient bénéficié aux Québécois.

Ainsi, le député de Repentigny a laissé savoir que la mise à jour ne tient pas compte de la révision du mode de calcul des tarifs par le gouvernement américain. Cette révision impose des droits de douane de 25 % sur la valeur totale des produits contenant de l’acier ou de l’aluminium. Par ailleurs, il a mentionné que le premier ministre Carney s’était pourtant engagé à aider les entreprises contre cette nouvelle situation.

« Le Bloc Québécois demandait des mesures d’aide, à commencer par une subvention salariale pour éviter une éventuelle vague de mises à pied. Ottawa n’en a même pas tenu compte. Nous demandions également de l’aide financière pour l’industrie forestière pour contrer les droits compensateurs et antidumping, mais cette demande a également été ignorée. Nous réclamions la relance du chantier visant à réformer l’assurance-emploi, mais c’est une fin de non-recevoir. Quant aux médias, mis à mal par les géants américains du numérique, le gouvernement Carney se contente d’offrir une éventuelle consultation sur la possibilité d’élargir le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique. Ottawa rate complètement la cible », a-t-il ajouté.

Le Bloc Québécois a également exigé plusieurs mesures dans le but de soutenir les Québécois.

« Nous exigions une bonification des pensions de vieillesse des 65 à 74 ans pour tenir compte du coût de la vie en hausse. Nous demandions également que le fédéral s’engage à long terme à maintenir intégralement son financement de la santé plutôt que couper sa participation dès 2028-2029. Nous demandions que les Québécois soient remboursés — d’une part pour leur accueil généreux des demandeurs d’asile, et d’autre part pour les 814 millions de dollars versé exclusivement au reste du Canada en “fausses remises carbone” lors de la dernière campagne électorale. »

Le porte-parole du Bloc en matière d’Environnement et changements climatiques est d’avis que le gouvernement fédéral continue de fuir ses responsabilités en ce qui a trait à l’environnement.

« Le Bloc Québécois exigeait la fin des subventions aux énergies fossiles, au moment même où les pétrolières et gazières font des profits records à cause de la guerre en Iran. Non seulement le gouvernement n’en annule aucune, mais il prolonge les crédits d’impôt d’une valeur totale de 14,5 milliards pour le captage de carbone et il les élargit pour couvrir la récupération assistée du pétrole, ce qui permettra d’extraire plus de pétrole bitumineux », s’est exclamé le bloquiste.

Yves Perron, député bloquiste pour la circonscription de Berthier-Maskinongé, a pour sa part déclaré que la mise à jour ne prend aucunement compte des demandes du Québec, et ce, en raison du prolongement des crédits d’impôt pour les pétrolières et de l’élargissement pour couvrir la récupération assistée du pétrole. L’élargissement a pour conséquence de permettre d’extraire plus de pétrole bitumineux.

« Les sommes pour les énergies fossiles pullulent alors qu’aucune proposition du Bloc Québécois n’a été mise en place pour atténuer la crise tarifaire aggravée par le nouveau calcul des droits de douane par les Américains, en vertu duquel près de 60 % des exportations du Québec vers les États-Unis sont maintenant affectées. Alors que nous demandions une subvention salariale, de l’aide pour l’industrie forestière, une réforme de l’assurance-emploi, Ottawa continue sur sa voie, se contentant d’offrir une éventuelle consultation sur la possibilité d’élargir, peut-être, le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique. Une solution bien peu tangible d’un Mark Carney, qui a cédé sur la taxe sur les géants du web, à la demande de Trump. Afin d’être entendus, les Québécois devront résolument monter le ton », a conclu Yves Perron.