Scierie Saint-Michel | Le monde syndical réagit

Fabrice Samedy | 9 juin 2026 | 11:52
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Le Syndicat des employé-es de la Scierie de Saint-Michel-des-Saints (CSN) et le Conseil central de Lanaudière ont réagi à la décision de la Scierie Saint-Michel de se mettre à l’abri de ses créanciers.

L’annonce de cette décision a suscité une grande inquiétude chez les membres du syndicat.

« Cette annonce suscite une vive inquiétude chez nos membres. Après une année marquée par un ralentissement des activités, apprendre que la scierie se trouve en difficulté financière est particulièrement éprouvant. Bien que l’employeur poursuive la mise en œuvre de son plan de redressement, l’incertitude liée à la guerre commerciale continue d’alimenter nos préoccupations quant à l’avenir », a mentionné Luc Duchesne, président du Syndicat des employé-es de la Scierie de Saint-Michel-des-Saints (CSN).

La situation affecterait le secteur du planage de la scierie, qui compte une dizaine de membres syndiqués à la CSN ainsi que l’usine de granules. Toutefois, le Conseil central de Lanaudière a indiqué que les conséquences pourraient être importantes si la situation devait se prolonger, car jusqu’à 100 emplois à la scierie pourraient être menacés. Le tout pourrait aussi avoir des répercussions sur l’ensemble de la région, car c’est environ 250 emplois indirects qui pourraient être affectés.

Rappelons qu’un manque de débouchés pour les produits de la scierie avait entrainé une interruption de la production en août dernier, et ce, pendant quelques mois. Il est à noter que les activités ont repris depuis, dans une proportion réduite des capacités. Par ailleurs, les travailleurs sont toujours sur le programme de temps partagé de l’Assurance-Emploi.

Le Conseil central de Lanaudière a laissé savoir que cette annonce est la suite inquiétante de plusieurs mauvaises nouvelles pour les travailleurs de cette entreprise.

En plus de se préoccuper des syndiqués, Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière — CSN, s’inquiète des effets d’une éventuelle fermeture de la scierie.

« Perdre la scierie serait un coup dur pour les salarié-es, mais aussi pour le village de Saint-Michel-des-Saints et pour le nord de Lanaudière. Cette entreprise est un véritable poumon économique pour la région. Sans ces emplois, l’effet d’entrainement sur les commerces locaux serait épouvantable. Saint-Michel a besoin de sa scierie, il en va de la vitalité économique de la région », a-t-elle mentionné.

La Scierie Saint-Michel fait partie d’une longue liste des plus récentes victimes de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. Le secteur du bois d’œuvre est toujours la cible de tarifs d’environ 45 %.

Des programmes ont été mis en place par le gouvernement canadien, tandis que le palier provincial a tenté de faire avancer une réforme de la politique forestière, mais cette décision a été perçue comme précipitée et déconnectée des réalités du terrain, selon les deux entités.

C’est dans ce contexte que le Conseil central de Lanaudière a lancé un appel à l’action de la part de la classe politique.

« Nous appelons les autorités régionales, provinciales et fédérales à se mobiliser rapidement. Il est temps que l’ensemble des acteurs concernés passe en mode gestion de crise. Tant que nous ne développerons pas des débouchés fiables et prévisibles pour le bois d’œuvre, le secteur demeurera confronté à un niveau d’incertitude insoutenable. Le gouvernement fédéral sera-t-il au rendez-vous, et surtout, le sera-t-il à temps ? Il est encore possible de sauver le secteur forestier et de soutenir les travailleuses et les travailleurs de plusieurs régions du Québec. »