Santé | Deux syndicats lanaudois demandent un changement

Fabrice Samedy | 16 juin 2026 | 11:36
Courtoisie

À quelques mois des prochaines élections provinciales, quatre syndicats des Laurentides et de Lanaudière ont lancé un avertissement à la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.

Ce groupe qui inclut le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Lanaudière-CSN (STTCISSSL-CSN) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux — Lanaudière (APTS–Lanaudière) a proposé quatre mesures concrètes pour calmer les crises les plus urgentes.

« Nos membres veulent rester lié·es à leur région d’appartenance et conserver leurs droits. Or, Santé Québec cache son jeu et joue au poker avec la qualité des services. La détresse psychologique menace tout le monde et on sent déjà un exode massif pour fuir des départements essentiels. On va se dire les vraies affaires : ce que Santé Québec est en train de faire subir au réseau, ce n’est pas une réorganisation, c’est une désorganisation », a déclaré Simon Deschênes, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Lanaudière CSN.

Ces mesures à instaurer de façon urgent sont les suivantes :

  • Autogestion des horaires et primes : Mettre fin au chaos entourant l’autogestion des horaires en procédant à son implantation et au versement de la prime conventionnée et attendue depuis 2 ans.
  • Réorganisations de Santé Québec: Décréter un moratoire immédiat sur toute réorganisation de services et de personnel tant que le réseau n’est pas stabilisé.
  • Privatisation et transparence: Briser l’opacité de Santé Québec en publiant, sur une base trimestrielle, les coûts réels du réseau, les sommes transférées au privé et les résultats concrets obtenus.
  • Austérité, surcharge et crise du réseau: Mettre fin à des décennies de compressions qui ont mené à la situation actuelle en implantant un bouclier budgétaire basé sur les besoins réels de la population et encadré par une instance indépendante, mettre fin au gel d’embauche imposé au personnel administratif et un investissement d’urgence en santé et sécurité du travail pour répondre à la crise d’assurance-salaire.

À défaut d’instaurer ces mesures, les syndicats ont indiqué que le compte à rebours sera lancé pour un été de mobilisations.

Ce moyen de pression survient dans un contexte où les syndicats dénoncent une détérioration constante des conditions de travail dans le réseau public, le tout alimenté par des décisions ministérielles qui aggravent la surcharge ainsi que l’instabilité et qui provoquent une augmentation des arrêts de travail. La confusion entourant la prime d’autogestion des horaires ou les réorganisations imposées par Santé Québec fait partie des situations décriées.

Par conséquent, les organisations syndicales demandent à la ministre de retourner à la table à dessin pour apporter des correctifs immédiats et concrets.

Par ailleurs, un employé du bureau de circonscription remettra les revendications sur le bureau de la ministre.

« Le cycle de l’austérité est un choix politique. Le gouvernement en place nous en a fait une démonstration claire : après l’annonce d’un déficit monstre, il a coupé dans les postes et ressources en santé et services sociaux au nom de l’équilibre budgétaire. Cette semaine, on revoit le déficit à la baisse et les cadeaux électoraux se pointent le nez. Or, le réseau souffre encore des coupures, du manque de ressources matérielles, humaines. Il faut à tout prix protéger notre réseau de santé et services sociaux en instaurant un bouclier budgétaire, soit une protection de financement en continu », a indiqué Anne-Sophie Tremblay Girard, directrice à la mobilisation et action sociopolitique de l’APTS-Lanaudière.