Essai Subaru WRX tS Kaminari · le jaune qui fait peur
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Commençons par l’évidence qui marque la Subaru WRX tS Kaminari : ce jaune. Pas un jaune timide, pas un jaune qui s’excuse d’exister, un jaune qui prend toute la place, qui est probablement visible de la Lune et qui fait sortir les gens de leurs petites voitures grises pour venir regarder.
Subaru appelle ça une teinte exclusive à l’édition Kaminari, et sur les 150 exemplaires distribués au pays, il y a fort à parier qu’on n’en croisera pas deux dans la même semaine, même en région.
Des suspensions efficaces
Sous la carrosserie flamboyante se cache la vraie raison d’être de la Kaminari : des suspensions raides, calibrées pour transformer chaque défaut de la route en information plutôt qu’en désagrément. On sent le pavé, on sent le gravier, on sent même l’humeur du chemin de rang et c’est voulu. Cette rigidité n’est pas un oubli d’ingénieur pressé, c’est une déclaration : cette WRX n’est pas là pour bercer, elle est là pour communiquer.
Sur les routes sinueuses des campagnes québécoises, cette fermeté devient un atout redoutable. Le châssis reste plat, la caisse ne roule presque pas, et le moteur turbo boxer de 2,4 litres pousse ses 271 chevaux avec cette sonorité bourdonnante que seuls les quatre-cylindres à plat savent produire.
La transmission manuelle à six rapports, précise et courte, invite à la rétrogradation (et au talon ponte si vous maitrisez) avant chaque courbe. Le rouage intégral symétrique, lui, fait le boulot en silence : il colle l’auto à la route même quand le conducteur, moi, en l’occurrence, pousse un peu plus fort que la décence ne l’exige dans une courbe.
Chérie, assise dans le baquet Recaro qui la maintenait solidement en place et en tout confort bienveillante, m’a lancé un « tu peux ralentir, là » quelque part sur le chemin. Je n’ai pas ralenti. Après tout, je n’excédais pas vraiment la vitesse permise. Mais les sensations fournies par le voiture donnaient une autre impression.
Polyvalence
Ce qui distingue la Kaminari, c’est qu’elle refuse de se limiter au rôle de bête de performance. Le lendemain, cette même voiture nous a menés jusqu’au centre commercial pour une épicerie de fin de semaine, coffre rempli, quatre portes ouvertes sans contorsion.
Mieux encore, au centre de la planche de bord, un vaste écran numérique affichait l’itinéraire. Le mode Confort des amortisseurs électroniques adoucit sensiblement le tempérament sportif sans jamais le trahir complètement. Car même si les suspensions sont un peu sèches, la WRX n’oublie jamais qu’elle est aussi une berline polyvalente à usage quotidien.
Le plaisir de conduire
Au bout du compte, la Kaminari, bien que cette édition ne fournisse que des éléments esthétiques différents sans affecter la mécanique, livre ce que très peu de voitures modernes livrent encore sans compromis : une connexion directe entre le conducteur et la route. Pas de filtre excessif, pas de direction assistée trop anodine, pas de son artificiellement lancé dans les haut-parleurs. Juste un moteur, une boîte manuelle, un châssis rigide et un rouage intégral qui font équipe.
On pardonne aisément à la Subaru WRX tS Kaminari son jaune vif et sa présence, disons-le, exubérante. On aime la conduite, on apprend à vivre avec les suspensions rigides, mais on doit l’avouer, le prix, lui passe un peu moins. Plus de 52 000$ pour une petite performante, c’est cher, surtout qu’on peut opter pour des couleurs certes moins vives, mais pour un comportement aussi amusant.
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