Une entente de principe est intervenue entre WestJet et ses agents de bord
Des agents de bord de WestJet manifestent à l’aéroport international de Vancouver, à Richmond, en Colombie-Britannique, le dimanche 2 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns WestJet et le syndicat représentant quelque 4400 agents de bord sont parvenus lundi à une entente de principe après un bref arrêt de travail, mais aucune des deux parties n’a encore communiqué de détails.
La compagnie aérienne a indiqué dimanche qu’elle a proposé une augmentation salariale de 13 % à compter d’octobre, puis une augmentation de 2,5 % chaque année pendant les trois années suivantes, jusqu’en 2029.
La compagnie aérienne a également spécifié avoir proposé une nouvelle prime de service, équivalente à une augmentation salariale supplémentaire de 12 %, destinée, selon WestJet, à répondre à la revendication du personnel navigant commercial concernant le travail non rémunéré.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Calgary, la présidente du SCFP 8125, Alia Hussain, a précisé que les agents de bord disposent de 30 jours pour ratifier l’accord et que le syndicat consacrerait les prochains jours à la préparation d’un diaporama destiné à être présenté aux membres.
Elle a ajouté que l’entente prévoit des augmentations salariales, mais n’a pas souhaité donner plus de détails afin de laisser les membres en prendre connaissance en premier lieu.
«Nous ne soumettrions pas d’accord à nos membres si nous ne pensions pas que les pièces du casse-tête, une fois assemblées, constitueraient un ensemble qu’ils ratifieraient compte tenu des circonstances auxquelles nous sommes confrontés», a déclaré Mme Hussain aux journalistes devant l’aéroport de Calgary.
Une lente reprise des vols
Les agents de bord se sont mis en grève tôt dimanche matin, après avoir échoué à conclure un nouvel accord avec la compagnie aérienne. WestJet a alors cloué au sol tous ses vols pendant une longue fin de semaine estivale dans une grande partie du Canada.
Les négociations contractuelles étaient en cours à Calgary depuis janvier, WestJet et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) étant en désaccord sur les augmentations salariales et la revendication du personnel navigant commercial concernant le travail au sol non rémunéré.
Lundi, il était encore incertain quand la compagnie aérienne serait en mesure d’assurer ses activités et ses horaires normaux, mais les vols commençaient lentement à reprendre dès lundi après-midi.
Les passagers étaient néanmoins très frustrés lundi, alors qu’ils s’empressaient de modifier leurs plans de voyage à la fin de cette longue fin de semaine.
À l’aéroport Pearson de Toronto, certains clients étaient allongés par terre, les yeux rivés sur leur téléphone, en attente d’une réponse du service client.
Derek McCrimmon a rapporté que ses vols avaient été modifiés à quatre reprises et qu’il n’avait pas dormi depuis deux jours. Après avoir passé près de 11 heures en attente au téléphone avec WestJet pour tenter de rentrer chez lui après un mariage pendant la fin de semaine, la compagnie aérienne a affirmé lui avoir réservé un vol de retour vers Calgary au départ d’Ottawa, avec une correspondance à l’aéroport Pearson de Toronto.
Mais il a expliqué que la compagnie aérienne avait omis de réserver le trajet Toronto-Calgary et lui conseillait désormais de louer une voiture avec son groupe d’amis pour rentrer à Ottawa.
«Ça a été un véritable cauchemar, a-t-il dit à l’enregistrement de WestJet. Le service client est épouvantable.»
M. McCrimmon a indiqué qu’il dépensait 300 $ par nuit en chambres d’hôtel et qu’il était en train de réserver un vol de retour à 1500 $ auprès d’une autre compagnie aérienne.
Des longues escales
Berçant dans ses bras sa fille de quatre mois qui somnolait, Daniela Arango jetait des regards inquiets par-dessus son épaule pour observer son mari discuter des différentes options avec un agent du service client.
Elle a expliqué que son vol direct vers Edmonton avait été annulé. À la place, on a proposé à la famille un itinéraire Toronto-Waterloo-Calgary-Edmonton — avec une escale de huit heures entre chaque étape et un coût total de 3000 $. Elle a ajouté qu’aucune considération particulière ne lui avait été accordée pour voyager avec un nouveau-né.
«Nous sommes venus ici pour trouver des réponses (…) mais ils nous disent: “Non, nous ne pouvons pas modifier la réservation”», a témoigné Mme Arango.
À Montréal, Morgane Liquori devait se rendre à Londres pour un mariage vendredi prochain, mais son vol de dimanche a été annulé. Elle ne savait toujours pas quand elle pourrait réserver un autre vol.
«C’est la première fois que je prends WestJet, et ça va être la dernière fois», a-t-elle déclaré.
Mme Liquori a essayé d’appeler l’entreprise à deux reprises. La première fois, elle est restée en attente pendant 45 minutes, et la seconde, pendant près de 2 heures. Elle a expliqué que les deux appels se sont terminés lorsque la ligne a enfin été établie, puis que l’appel a été coupé.
«On ne sait même pas où aller, en fait. J’ai fait le tour. Je suis fatiguée», a-t-elle souligné.
Dans un communiqué de presse, Alexis von Hoensbroech, le chef de la direction de WestJet, a présenté ses excuses pour ces perturbations, reconnaissant les frustrations qu’elles ont causées.
«Nos équipes travaillent sans relâche pour rétablir le service et permettre à nos invités de se rendre à destination le plus rapidement possible, et nous remercions tout le monde de sa patience alors que nous revenons progressivement à la normale», a expliqué M. von Hoensbroech.
— Avec des informations de Nick Murray à Ottawa, d’Elissa Mendes à Toronto et de Marieke Glorieux-Stryckman à Montréal.
Il s’agit d’une version corrigée. Une version antérieure indiquait que WestJet et le syndicat étaient parvenus à une entente prévoyant une augmentation salariale de 13 % à compter d’octobre, suivie d’une augmentation de 2,5 % pour chacune des trois années suivantes. En réalité, ces dispositions faisaient partie des détails rendus publics dimanche par WestJet concernant sa dernière offre au syndicat. Ni WestJet ni le syndicat n’ont divulgué lundi les détails de l’entente de principe.