COVID longue : « Je veux retrouver un rythme de vie normal », raconte Patrick Latour

« Mon objectif est de retourner au travail. Quand on est capable de retourner au travail, c’est que notre santé va mieux et qu’on peu profiter de la vie, s’amuser et voir nos amis, de retrouver un rythme de vie normal », confie Patrick Latour, aux prises avec des relents de la COVID-19, deux ans après avoir contracté le virus.

L’homme de Saint-Ignace-de-Loyola a reçu un diagnostic positif à la COVID-19 le 1er avril 2020. Après six jours à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur en soins intermédiaires, il a obtenu son congé, mais ses symptômes ne se sont jamais estompés.

À son retour à la maison, il a raconté être très faible. Incapable de dormir en position allongée, il a été contraint de se procurer un lit électrique inclinable, après des semaines à dormir dans un fauteuil.

Patrick Latour

« On s’est également aperçu qu’il y avait autre chose. À la suite de tests, notamment une coronarographie à l’Institut de cardiologie à Montréal, j’ai eu trois pontages », ajoute-t-il.

De multiples complications sont survenues de cette opération et son processus de récupération a été long.

Se doutant d’avoir des symptômes de la COVID longue, il s’est inscrit à l’Institut de recherche clinique de Montréal, mais vu le nombre de demandes à ce sujet versus la capacité d’accueil de l’IRCM, il n’a pas été sélectionné. Il a appris plus tard par l’entremise de l’émission Découverte que l’organisme avait reçu 10 fois plus de demandes que le nombre de candidats recherchés.

Son médecin s’est tourné vers ses homologues en médecine interne, où M. Latour a passé une batterie de tests pour savoir s’il n’y avait pas d’autres pathologies médicales pour expliquer son cas.

Deux ans plus tard, il ressent encore de la fatigue, a un manque flagrant d’énergie, des problèmes de concentration et de mémoire.

Patrick Latour

« Nous sommes de grands oubliés »

Devant l’inaction du gouvernement face à sa situation, Patrick Latour a décidé de lancer une pétition, dont l’objectif est de faire reconnaître la COVID longue comme maladie pouvant mener à l’invalidité.

« Des pays comme la France ont approuvé des législations sur le fait que la COVID longue pouvait mener à l’invalidité. L’Organisation mondial de la santé a reconnu l’existence de la COVID  longue depuis septembre 2020, mais ici au Québec, il n’y a rien du tout », s’insurge l’homme de 53 ans.

« Nous sommes les grands oubliés. Si vous avez la COVID longue et que vous n’êtes pas en mesure de retourner au travail, la majorité des personnes ne répondent pas aux critères de l’assurance invalidité des Rentes du Québec. La plupart des assureurs privés, pour vous reconnaître invalide, se basent sur ces mêmes facteurs. Donc si vous n’êtes pas apte à un, vous ne l’êtes pas à l’autre et vous vous retrouvez avec rien »

– Patrick Latour

Afin que la pétition se retrouve sur le site de l’Assemblée nationale, il faut que celle-ci soit parrainée par un député. Dans le cas de M. Latour, la députée de Joliette, Véronique Hivon, agira à titre de marraine.

« Mme Hivon est une personne exceptionnelle, qui a réussi par un projet de loi sur l’aide médicale à mourir, à rallier tous les partis peu importe leur allégeance. Elle était donc la personne toute désignée pour faire en sorte que le gouvernement réagisse et prenne conscience que nous sommes très nombreux dans cette situation », souligne-t-il.

Il renchérit en mentionnant que le nombre de signatures est important, puisqu’il démontre au gouvernement l’urgence d’agir. Au moment d’écrire ces lignes, 1061 personnes avaient signé la pétition sur le site de l’Assemblée nationale.

Pour la signer, il suffit de cliquer sur le lien suivant : https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-9511/index.html.