Le couvre-feu était déconseillé par la Santé publique de Montréal

L’ancien directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Le gouvernement Legault a finalement divulgué en soirée jeudi l’avis éthique qu’il avait obtenu de la Santé publique de Montréal avant de réinstaurer le couvre-feu pendant les Fêtes.

Le document entièrement caviardé avait été remis plus tôt cette semaine à Radio-Canada dans le cadre d’une demande d’accès à l’information.

Or, une version lisible du document qui a été publié en ligne confirme que l’avis éthique préparé par l’équipe de la Dre Mylène Drouin était défavorable au retour du couvre-feu en décembre.

La santé publique de Montréal recommandait plutôt d’instaurer des mesures alternatives au couvre-feu en raison des impacts collatéraux importants de cette mesure. L’avis éthique cite en exemple les personnes en situation d’itinérance ou encore les personnes victimes de violence conjugale pour qui l’accès aux services d’aide devient plus difficile.

Toujours selon ce document, l’imposition d’un couvre-feu favorise l’adoption de comportements qui augmentent les risques de transmission, par exemple lorsque des personnes qui se seraient rencontrées à l’extérieur (faible risque) choisissent de respecter le couvre-feu, mais se rassemblent à l’intérieur (risque élevé).

L’argumentaire tient compte également du manque de données pour appuyer une mesure aussi radicale. « La fatigue pandémique qui vient accentuer l’importance de la prise de décision transparente et orientée par les données probantes, l’adhésion volontaire de la population aux mesures de santé publique étant un élément incontournable de leur efficacité. »

En dépit de cet avis défavorable, l’ancien directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a recommandé au gouvernement du Québec de réinstaurer le couvre-feu pour contrôler la transmission de la COVID-19. La mesure décrétée le 30 décembre avait été retirée le 17 janvier.