Le frère Claude Gariépy évite la prison

Claude Gariépy, un membre religieux des Clercs de Saint-Viateur arrêté en juin 2020 en lien avec des dossiers de délits sexuels a réglé ses comptes avec la justice et évitera la prison.

L’homme de 76 ans était de retour devant le tribunal au palais de justice de Joliette mercredi. En échange d’un plaidoyer de culpabilité sur un chef d’accusation modifié visant notamment la production d’images obscènes, la couronne et la défense ont proposé au tribunal de couper court aux procédures en déposant une suggestion commune en faveur d’une sentence suspendue. Cette avenue évite notamment selon les parties la tenue d’un procès et de nouveaux délais judiciaires.

En conséquence, le frère Gariépy devra s’acquitter de 100 heures de travaux communautaires et respecter une série de conditions de remise en liberté pendant une période de 18 mois. Puisqu’il s’agit d’une suspension de peine, l’accusé devra comparaître devant le juge advenant le bris de l’une des conditions en vigueur.

Les gestes reprochés à l’accusé ont été commis sur deux périodes différentes entre le 30 août 1979 et 24 juin 1981 et entre le 1er janvier 1990 et le 31 décembre 1990 à Rawdon.

Selon l’exposé des faits, l’homme religieux avait profité de son occupation de tuteur scolaire pour établir une relation de confiance avec des adolescents sous sa charge. L’accusé avait notamment demandé à l’une des victimes de se masturber devant la caméra prétextant la nécessité de ces images pour l’aider dans ses travaux de recherches en biologie. Un prétexte similaire qui aura également servi à la production de photos un peu plus tard.

L’une des victimes dont l’identité est protégée par le tribunal s’est adressée à la cour pour relater les conséquences de ces gestes sur sa vie personnelle et pour saluer notamment le courage des victimes qui ont accepté de confronter leur agresseur.

Parmi les conditions énumérées par le juge Bruno Leclerc, l’accusé devra garder la paix et avoir une bonne conduite en plus d’effectuer la totalité des travaux communautaires ordonnés. Il lui sera également interdit de s’approcher des victimes ou de tenter de prendre contact avec ces personnes. De plus, Claude Gariépy ne pourra se trouver en présence de mineurs sans la supervision d’un adulte au fait de la situation.

Au moment de prononcer la peine, le juge a précisé qu’il s’attendait à un verdict plus sévère considérant la nature des accusations, mais que l’état du droit et la Cour suprême l’encouragent fortement à devoir accepter une suggestion commune lorsque celle-ci ne contrevient pas à certains critères, ce qui n’est pas le cas dans le présent dossier. Le juge s’est néanmoins adressé à l’accusé pour insister sur le fait qu’il avait commis des crimes terribles en profitant de sa situation pour en tirer avantage.

Des recours collectifs toujours en cours

Un recours collectif contre les Clercs de Saint-Viateur s’est soldé par un règlement de 28 millions de dollars en janvier dernier. Plus de 300 victimes d’agressions sexuelles pourront être indemnisées.

Dans un autre dossier, une seconde action collective pour agression sexuelle contre le Diocèse de Joliette est toujours en cours, territoire où était situé le Collège Champagneur. Jusqu’à présent il y a plus d’une dizaine de victimes qui se sont inscrites auprès du cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats pour des faits visant les abbés Bernard Forest, Bruno Breault, Jean-Marie Payette, Bernard Lefebvre et Lucien Melançon. Les personnes ayant été victimes de ces membres du clergé peuvent contacter ce cabinet d’avocats avant la fin des inscriptions.