Une meurtrière trans veut être transférée à Joliette

Jamie Boulachanis, à l'époque où elle s'appelait encore John.

Jamie Boulachanis, 46 ans, était un homme quand elle a été condamnée à la prison à perpétuité en 2016 pour le meurtre prémédité de Robert Tanguay, commis en 1997. Elle avait passé 13 ans à fuir les autorités à travers le monde en utilisant différentes identités avant d’être arrêtée en Floride en 2011.

Elle avait assassiné son ancien complice dans un réseau de vol de véhicules et l’avait enterré dans une sablière de Rigaud. Ses ossements avaient été découverts quatre ans plus tard par une famille qui s’y promenait.

Un risque d’évasion élevé

Elle est détenue présentement au pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier où elle a suivi un traitement hormonal et fait changer son genre auprès du directeur de l’état civil. Sa cote de sécurité est très élevée, car en 2013, elle avait réussi à se défaire de ses chaînes et menottes et à s’évader d’un fourgon cellulaire par une ouverture de quelques pouces lors d’un transfert entre la prison de Bordeaux et le palais de justice de Valleyfield.

Elle avait été rattrapée rapidement, mais en septembre 2018, elle avait affirmé à un agent qu’elle comptait s’évader et qu’elle connaissait la liste de tous les pays sans traité d’extradition.

En juin 2015, lors de la fouille de sa cellule à la prison d’Orsainville à Québec, on avait aussi découvert 15 mètres de corde artisanale tressée, faite avec des draps, ainsi que divers outils pouvant servir à s’évader. La fenêtre de sa cellule avait été partiellement démontée.

Les mesures de sécurité sont donc élevées autour d’elle. En juillet 2017, par exemple, il a fallu une équipe spéciale de 11 agents pour l’escorter à un rendez-vous médical.

Les autorités carcérales ne sont donc pas très intéressées à l’idée de lui faire effectuer un trajet de 800 km. Surtout qu’aucun pénitencier pour femmes n’offre les mêmes conditions de sécurité maximale que Port-Cartier.

Intimidation, menaces et harcèlement

La nouvelle femme de 46 ans dénonce le harcèlement et l’intimidation dont elle est l’objet. « Je me fais pogner la poitrine, j’ai eu des claques sur les femmes, ça arrive que des hommes passent quand je prends ma douche ». Elle reçoit même des menaces de mort.

Elle est incarcérée dans l’aile de santé mentale pour assurer sa sécurité. Les détenues trans sont parfois incarcérées dans les prisons pour hommes, parfois à leur demande, et d’autres sont détenues dans des prisons pour femmes. Ce cas est particulier à cause de la dangerosité éventuelle de Mme Boulachanis.

Sa demande de transfert est en cours d’examen par la Cour supérieure.

On lui rembourse ses revues porno

Elle avait aussi fait la manchette en août 2018 alors qu’on lui avait accordé 134$ pour compenser la perte d’effets personnels, incluant des revues pornographiques qui avaient été perdus lors de son transfert au secteur d’isolement à sécurité élevée de la prison de Bordeaux suite à sa tentative d’évasion.

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