Des agriculteurs lanaudois dénoncent le projet de train à grande vitesse reliant Québec et Toronto

Jessica Potsou | 4 février 2026 | 11:33
Crédit photo: Jessica Potsou, Arsenal Média

L’union des producteurs agricoles (UPA) de Lanaudière a dénoncé le projet de train à grande vitesse d’Alto, en marge d’une séance de consultation publique sur le sujet.

Alors qu’Alto évalue un corridor de 10 km de largeur entre Québec et Toronto, l’UPA craint que le projet vienne traverser des terres agricoles. 

Outre les craintes liées aux risques d’expropriation, le président du syndicat de l’UPA L’Assomption-Les Moulins, Guillaume Alary, dénonce le fait que les rails du train Alto pourraient littéralement passer au travers des champs cultivables.

« On parle d’une emprise de 60 mètres. L’emprise elle-même va scinder des terres en deux. Le producteur ne pourra plus simplement traverser le chemin de fer pour avoir accès de l’autre côté », a-t-il dit en soulignant qu’aucune solution n’a été présentée pour régler ce problème.

Guillaume Alary, Président du syndicat de l’UPA L’Assomption-Les Moulins

« Pas besoin d’exproprier pour briser une ferme : il suffit de la scinder. Ce projet met en péril notre avenir agricole, notre capacité de transmettre nos fermes… mais aussi votre capacité, à vous, de vivre dans un Québec qui se nourrit de ses propres terres », a-t-il ainsi ajouté.

De son côté, Alto affirme souhaiter dans la mesure du possible se coller aux infrastructures existantes, précisant qu’aucun tracé n’a encore été choisi et que cette première consultation publique sert justement à prendre le pouls de la population. 

« En ce moment, on a présenté une zone d’étude de 10 km de large qui permet encore plusieurs options qui sont analysées. L’objectif, c’est vraiment d’aller chercher les commentaires, les suggestions et les critiques de toute la population […] pour s’assurer qu’on va raffiner le tracé pendant l’année », a expliqué Philippe Archambault, vice-président, communications et image de marque chez Alto.

Philippe Archambault, vice-président, communications et image de marque chez Alto

Une deuxième consultation publique devrait avoir lieu lorsqu’un tracé aura été choisi.

Pourquoi un train à grande vitesse ?

Certains experts sont sortis publiquement dans les derniers mois afin de proposer une solution qu’ils jugent moins coûteuse pour le gouvernement : le train à grande fréquence.

Utilisant, les voies ferroviaires déjà existantes, cette solution est plus intéressante pour l’UPA puisqu’elle limite les risques d’expropriation et de perte de terres agricoles.

« Le gros bon sens s’impose : pourquoi foncer tête baissée dans un projet risqué, coûteux et mal adapté, alors qu’une option plus efficace, plus fiable et deux fois moins chère est à portée de main ? » a donc déclaré Simon Duval, 2e vice-président de la fédération de l’UPA de Lanaudière.

De son côté, M. Archambault explique que le projet de train à grande vitesse a été choisi puisqu’il permet des déplacements plus rapides. 

« Si on veut vraiment générer un changement des habitudes, il faut un train qui va permettre de relier les gens plus rapidement […] Les gens veulent un train qui est fréquent et c’est le cas avec ce train. On prévoit 20 à 30 départs par jour », a-t-il conclu.

Philippe Archambault, vice-président, communications et image de marque chez Alto

La période de consultation publique se poursuit jusqu’au 29 mars. Il est possible de consulter l’information et de donner son avis en ligne sur altotrain.ca. De plus, des séances portes ouvertes sont prévues à Berthierville le 19 février de 11 h à 15 h et de 17 h à 21 h.