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Essence: Fréchette et Drainville s’engagent à redonner de l’argent aux Québécois
Lors de la réunion du caucus de la Coalition avenir Québec, le mardi 27 janvier, à Trois-Rivières, François Legault a été accueilli par Bernard Drainville et Christine Fréchette, deux députés et anciens ministres qui tentent de lui succéder à la tête du parti. LA PRESSE CANADIENNE/Patrice Bergeron La guerre en Iran s’invite dans la course à la chefferie caquiste. Les deux candidats à la succession de François Legault, Christine Fréchette et Bernard Drainville, proposent de redonner aux Québécois l’argent supplémentaire perçu par le gouvernement en raison de la flambée du prix de l’essence.
Si elle est élue, Christine Fréchette s’engage à ce que les «revenus supplémentaires cumulés dans les coffres de l’État» liés à l’augmentation du coût à la pompe soient «directement remis dans les poches des automobilistes québécois, via une réduction du coût des immatriculations».
«J’ai d’ailleurs aboli le prix plancher de l’essence à la pompe lorsque j’étais ministre de l’Économie. Il faut continuer d’agir», a affirmé Christine Fréchette dans une déclaration écrite transmise à La Presse Canadienne mardi.
Son rival a fait une proposition similaire un peu plus tôt mardi.
«Chaque fois que le prix à la pompe augmente, ce sont les Québécois qui doivent sortir davantage d’argent de leur poche. Mais ce qu’on oublie souvent de dire, c’est que lorsque le prix de l’essence augmente, le gouvernement encaisse lui aussi davantage», a-t-il écrit sur X.
S’il gagne la course, Bernard Drainville compte calculer combien d’argent supplémentaire l’État a encaissé en raison de la hausse du prix de l’essence et retourner cette somme «directement dans la poche des Québécois».
«Cela pourrait prendre la forme d’un chèque, d’un crédit d’impôt ou d’une mesure équivalente qui remet de l’argent dans la poche des gens», a-t-il expliqué.
La guerre en Iran, qui a commencé le 28 février avec des frappes menées par Israël et les États-Unis, a fait bondir le prix du pétrole brut, ce qui s’est répercuté sur le prix à la pompe.
À Montréal, lundi, de nombreuses stations-service affichaient l’essence à 176,9 cents le litre d’ordinaire, une augmentation d’environ 20 cents le litre en moins d’une semaine.
«Meilleur service au meilleur coût»
Mardi, Bernard Drainville a aussi proposé que le privé vienne au secours du public, notamment dans les services de transport collectif.
«L’objectif est de livrer le meilleur service au meilleur coût, en mettant en place des mécanismes d’appel d’offres où des organisations publiques et privées se retrouvent en concurrence pour offrir un service», a-t-il affirmé par voie de communiqué mardi.
Bernard Drainville propose d’«introduire progressivement plus de concurrence dans le transport collectif, notamment pour certains circuits d’autobus et certaines activités d’entretien» et de mettre en place des «appels d’offres pour l’exploitation de certaines traverses ou de certains services au sein de la Société des traversiers du Québec».
Plus largement, Bernard Drainville croit que l’État providence québécois a «permis de bâtir des institutions solides», mais qu’il montre aujourd’hui «certaines limites». Le privé doit donc venir créer des incitatifs à la performance.
La CSN n’a pas perdu de temps pour décrier la proposition de l’aspirant chef caquiste.
«Obnubilé par sa haine des syndicats, Bernard Drainville est prêt à voir la qualité des services diminuer dans le transport collectif. C’est ce qu’une récente étude démontre quand on mise sur le privé dans le transport collectif», a affirmé sa présidente, Caroline Senneville.
«Le Royaume-Uni a déjà joué dans ce film-là et ce fut un échec lamentable. Des villes comme Londres et Manchester ont dû reprendre le contrôle du réseau d’autobus sur leur territoire dans les années 2000 et 2010 pour corriger les effets d’un modèle privé défaillant. Apprenons de leurs erreurs», a pour sa part affirmé le coordonnateur du secteur transport terrestre au Syndicat canadien de la fonction publique, Dominic Aubry.
Selon le plus récent sondage Léger publié la semaine dernière, 70 % des sympathisants de la CAQ préfèrent Christine Fréchette pour succéder à François Legault, contre 20 % pour Bernard Drainville.
Le prochain chef de la CAQ sera connu le 12 avril.