Guerre commerciale : Ottawa a encore de «bonnes cartes» dans son jeu, prévient Joly

La Presse Canadienne | 25 août 2026 | 13:31
Les drapeaux du Canada et des États-Unis flottent près de la colline du Parlement, le 22 mars 2023, à Ottawa. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld

Pas question de toucher aux exportations d’électricité vers les États-Unis, pour le moment. Ottawa a choisi une réponse «mesurée» aux droits de douane imposés par l’administration Trump, mais le Canada a encore «des cartes dans sa main», insiste la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.

«On sait qu’il y a plein de bonnes cartes dans notre jeu, mais on n’est pas prêt à les utiliser tout le temps lors de la première main», répond la ministre en conférence de presse, mardi à Ottawa, pour dévoiler les mesures de représailles canadiennes. 

Le gouvernement Carney choisit une approche «stratégique» avec des droits de douane équivalents à ceux imposés par les États-Unis.

Autrement dit, le fédéral appliquera à partir du 8 septembre des droits de douane sur une liste de plus de 700 produits, et ce, au même taux que le droit de douane américain. Les taux varient de 15 % à 50 %, selon ceux décrétés par Washington.

La liste touche principalement des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers et l’électronique.

Les États-Unis ont instauré samedi une nouvelle série de droits de douane de 50 % sur des exportations canadiennes, visant des produits d’une valeur de 28 milliards $.

Le gouvernement Carney a décidé de ne pas appliquer une approche asymétrique, qui aurait ciblé des industries plus sensibles politiquement. 

Ottawa veut éviter de jeter de l’huile sur le feu en ne visant pas des produits qui ne font pas l’objet d’un droit de douane américain. L’objectif est de protéger les parts de marché locales des entreprises canadiennes affectées par les droits de douane américains, a expliqué un haut responsable du gouvernement lors d’un breffage avec les médias plus tôt dans la journée.

Mme Joly réitère que l’objectif principal de la riposte est de s’assurer que les entreprises américaines et canadiennes concurrencent à armes égales au Canada. 

«Quand nous regardons les contre-tarifs, la première chose qu’on regarde, c’est de protéger les entreprises qui sont affectées ici, répond la ministre en anglais. Si elles exportaient aux États-Unis, nous devons nous assurer que leurs concurrents n’ont pas accès au marché canadien d’une meilleure façon.»

Il n’a pas été question de toucher aux exportations d’énergie vers les États-Unis, comme l’a évoqué le premier ministre ontarien Doug Ford, ou de remettre la «taxe Netflix» à l’ordre du jour, comme l’a demandé un groupe de 50 organisations du secteur culturel récemment, par exemple. 

De l’aide pour les travailleurs et entreprises

Le milieu des affaires a exprimé des craintes que les mesures de représailles canadiennes nuisent à des entreprises déjà vulnérables en augmentant les coûts de certains intrants ou pièces nécessaires à leurs activités.

Le fédéral dispose d’un programme de remise pour les intrants qui ne peuvent pas être fabriqués au Canada, a rappelé un haut responsable du gouvernement au cours du breffage. 

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, précise qu’Ottawa a veillé à ce qu’une solution de rechange canadienne existe pour la vaste majorité de produits américains visés. 

Ottawa annonce également 7,5 milliards $ d’aide supplémentaire pour les entreprises et les employés touchés par la guerre commerciale.

Au total, le gouvernement estime qu’il a mis plus de 30 milliards $ sur la table depuis le début des tensions commerciales. 

La série de mesures comprend des assouplissements à l’assurance-emploi, la prolongation et la bonification d’aides existantes pour les entreprises et les travailleurs.