Train Alto | Deux organisations demandent plus de transparence d’Ottawa

Fabrice Samedy | 30 octobre 2026 | 09:12
Guillaume Alary, producteur agricole. Crédit: Fabrice Samedy-Monjoliette.com.

Des représentants du Conseil régional de l’environnement de Lanaudière (CRE Lanaudière) et de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Lanaudière se sont réunis à Repentigny pour demander au gouvernement canadien de dévoiler les analyses du projet de train à grande vitesse Alto.

Cette conférence organisée sur des terres menacées par ce projet ferroviaire avait aussi pour but de demander au gouvernement fédéral de démontrer que tous les scénarios possibles ont été évalués, et ce, « avant qu’une décision irréversible soit prise ».

Mireille Asselin, présidente du CRE Lanaudière, a indiqué que le manque d’information et l’absence de transparence sont les principaux problèmes.

« On n’a pas beaucoup d’information. Actuellement, on nous parle d’un corridor de 10 km de large qui passerait quelque part dans le coin. On n’a pas d’informations, on n’a pas de données, c’est très flou, c’est très vague et ce n’est pas précis […]. Actuellement, c’est très inquiétant. », a-t-elle exprimé lors d’une entrevue avec Mon Joliette.

Tout en mentionnant que l’organisation est favorable à la mobilité durable, Mme Asselin a ajouté que la plus grande inquiétude réside au niveau de l’environnement.

« On est pour la mobilité durable, mais pas à n’importe quel prix, pas en défaisant des milieux humides, pas en coupant des corridors écologiques. »

— Mireille Asselin, présidente du CRE Lanaudière.

En plus de revendiquer un accès aux informations disponibles et la transparence des autorités impliquées, le CRE Lanaudière demande notamment l’acceptabilité sociale du projet ainsi que la protection de l’environnement.

Un producteur agricole menacé

C’est avec beaucoup d’émotion que Guillaume Alary, un producteur agricole menacé de voir ses terres être scindées en deux par le projet Alto, a livré un témoignage expliquant que le projet mettrait en péril le travail de plusieurs générations.

De plus, M. Alary a avoué être habité par un sentiment de peur.

Il a également mentionné n’avoir eu aucune discussion avec Alto malgré l’implication de son terrain dans ce projet.

Selon le producteur, ce projet pourrait avoir des conséquences pour plus de personnes que lui.

« Ce ne sont pas simplement des conséquences pour moi, ce sont des conséquences pour mes collègues, voisins et amis agriculteurs de la région. Ce sont aussi des impacts pour les gens des municipalités qui vont être impactés. Il va avoir des chemins et des corridors écologiques qui vont être scindés en deux de façon irréversible. Les gens ne se rendent pas compte qu’il va avoir des détours inimaginables pour aller à l’épicerie […] », a affirmé le producteur lanaudois.

Le dossier du tracé de train à grande vitesse dans la région à Lanaudière a aussi fait réagir la classe politique locale alors que le député de Repentigny, Patrick Bonin, a critiqué le déroulement des choses.

La compagnie Alto a souhaité offrir sa version des faits en affirmant avoir tenu « l’une des plus importantes consultations au pays. »  

« Plus tôt cette année, nous avons mené l’une des plus importantes consultations au pays, dans le cadre de laquelle nous avons reçu plus de 24 000 questionnaires et près de 20 000 commentaires. Nous avons ensuite publié un rapport faisant état des commentaires recueillis.

Nous comprenons que l’incertitude puisse soulever des questions chez les agriculteurs et les propriétaires, c’est pourquoi nous poursuivons chaque jour le dialogue avec les communautés et les parties prenantes, notamment les organisations agricoles et le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière (CRE Lanaudière), qui a participé à nos consultations.

Notre porte demeure toujours ouverte et nous souhaitons poursuivre le dialogue à mesure que le projet avance. Nous continuerons de fournir de l’information à jour sur le tracé, les répercussions sur les propriétés, l’évaluation d’impact et les coûts du projet au fur et à mesure de l’avancement des travaux et de la confirmation de ces éléments », a commenté la compagnie à l’aide d’un courriel. 

Toutefois, le moyen de faire d’Alto avait été critiqué par les maires de Mascouche et de Terrebonne. Les deux magistrats avaient fait une sortie publique en février dernier pour demander un processus plus formel pour les consultations publiques.