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Deux organisations de soutien à domicile critiquent des incohérences
Image d'illustration de Dépositphotos. Les dirigeants de deux entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) de Lanaudière ont fait une sortie publique pour mettre en lumière les incohérences entre les orientations gouvernementales en matière de soutien à domicile et les conséquences du processus d’appel d’offres du CISSS de Lanaudière pour 403 usagers jugés vulnérables.
La Coopérative d’aide à domicile Dimavie et la Coopérative en soutien à domicile de la MRC de L’Assomption ont tout d’abord voulu attirer l’attention sur les conséquences humaines, organisationnelles et systémiques qui découlent du plus récent appel d’offres en soutien à domicile dans la région.
Le regroupement stipule que la règle du plus bas soumissionnaire sans l’accord d’un poids suffisant pour les critères de qualité, de continuité relationnelle ou d’ancrage local entraîne des décisions lourdes de conséquences, dont les usagers sont les victimes.
Selon les organisations, les résultats du plus récent appel d’offres entraînent le transfert forcé d’une clientèle particulièrement vulnérable vers de nouveaux fournisseurs du domaine privé, et ce, sans une garantie suffisant en ce qui a trait à la continuité relationnelle ainsi qu’à la qualité des services.
« L’objectif en prenant la parole n’est pas de contourner l’appel d’offres, mais bien de faire preuve de responsabilité populationnelle dans un contexte de soins à domicile, où la continuité relationnelle est un facteur clé de sécurité et de qualité. Je crois qu’il est essentiel, dans ce dossier, de ne pas perdre de vue les personnes derrière les contrats », a expliqué Véronique Dinelle, directrice générale de la Coopérative en soutien à domicile de la MRC L’Assomption.
En plus des usagers, un total de 125 aides à domicile travaillant dans les MRC de L’Assomption et des Moulins sont aussi affectées par cette situation.
« Il est navrant de voir que des aînés vulnérables, dont plusieurs présentent des déficits cognitifs, perdront le personnel d’aide à domicile avec lequel ils ont développé une relation de confiance depuis parfois plusieurs années, le tout parce que leur dossier sera transféré à une entreprise privée en soins à domicile employant du personnel venant souvent de l’extérieur de la région », a déclaré Mathieu Brière, directeur général de la Coopérative d’aide à domicile Dimavie
Ce dernier a ajouté que la rupture de ces liens humains comporte des risques comme de la détresse psychologique, un refus de services, de la désorganisation, des hospitalisations évitables et une perte accélérée d’autonomie.
Une formation sans issue
Les deux entités derrière cette démonstration ont continué leur plaidoyer en indiquant que les travailleuses paient aussi un prix élevé, car les employées ont été formées grâce à un programme exclusivement reconnu au sein des entreprises d’économie sociale en aide à domicile.
Par conséquent, ces préposées ne pourront pas se replacer dans le réseau public de la santé dans l’éventualité de la perte de leur emploi.
Elles seront contraintes d’appliquer à des entreprises privées offrant des salaires inférieurs et des conditions de travail plus précaires.
Mme Dinelle est revenue à la charge en dénonçant des incohérences dans les orientations du gouvernement.
« Les décisions prises à Laval et dans Lanaudière entrent en contradiction directe avec les orientations de la Politique nationale de soutien à domicile Mieux chez soi, qui affirme pourtant la volonté de placer l’usager au cœur des décisions et d’assurer la continuité, la qualité et l’humanisation des services. Alors même que le gouvernement reconnaissait récemment les EÉSAD comme l’un des piliers de cette politique, l’application rigide et indifférenciée des règles d’approvisionnement public relègue aujourd’hui l’humain au second plan. Cette approche est également difficilement conciliable avec l’AIPPA, qui mise sur des services coconstruits avec et pour les personnes aînées, la stabilité des réseaux locaux et la collaboration des partenaires. On ne peut prétendre protéger les personnes vulnérables tout en fragilisant les services et la main-d’œuvre qualifiée formée précisément pour répondre à leurs besoins », a-t-elle mentionné.
C’est dans ce contexte que des solutions concrètes ont été demandées afin de permettre le maintien des services aux usagers, mais tout en préservant la livraison de ces soins par le personnel déjà en place.