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Des organismes ont peur de l’abandon du logement social
Courtoisie d'Action logement Lanaudière. Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a tenu une assemblée publique à Joliette dans les derniers jours pour présenter son intention de doubler le parc de logement social au cours 15 prochaines années à des organisations sociales de différents secteurs.
L’assemblée accueillie par Action Logement Lanaudière a aussi été l’occasion pour les organismes de témoigner des effets de la crise du logement dans leurs milieux.
L’appel survient alors que Joliette est désigné comme une ville de locataires puisque cette réalité touche 63% des ménages. De ce nombre, près du quart consacre plus de 30% de leur revenu pour se loger, et ce, tout en ayant revenu médian de 21 800$, selon le dernier recensement de Statistique Canada.
Le FRAPRU indique que les ménages devraient se loger pour moins de 545 $ par mois pour respecter leur capacité de payer. Cependant, l’organisme a poursuivi en mentionnant qu’un loyer de ce type est introuvable sur le marché actuel. Les plus récentes données de la Société d’hypothèque et de logement (SCHL) ont plutôt dévoilé que le loyer moyen dans l’agglomération de Joliette était de 1045 $, en 2025. Par ailleurs, une augmentation de 7,7 % du loyer a été observée sur une période d’un an.
« Sauf qu’au regard du loyer moyen, au lieu de dilapider l’argent public sur des logements privés hors de prix, il apparaît urgent d’investir plutôt dans des mesures structurantes comme le logement social », a expliqué Carl Lafrenière du FRAPRU.
Des pistes de solutions
Une tournée du Front d’action populaire en réaménagement urbain a donné la chance à l’organisme de critiquer les trois paliers gouvernementaux sur les solutions à mettre en place pour répondre à la crise actuelle.
Par exemple, les organismes communautaires de Joliette, comme ailleurs dans la région, s’inquiètent des orientations du gouvernement provincial qui risquent d’accentuer l’effritement du filet social en matière de logement. Le FRAPRU a expliqué que les fonds publics sont de plus en plus dirigés vers des projets dont une partie importante des logements sont trop dispendieux pour les locataires à faibles ou modestes revenus. De plus, il a été avancé que ces initiatives sont réalisées au détriment de projets portés par les communautés.
En ce qui a trait au niveau fédéral, les annonces de l’investissement de milliards par l’entremise de Maisons Canada ont été attaquées, car elles ne s’accompagnent pas de garanties suffisantes quant à la réalisation de logements sociaux abordables et disponibles rapidement. Pour le FRAPRU, la nouvelle agence ressemble davantage à une banque d’investissements exigeant une multitude de bailleurs de fonds et des montages financiers complexes.
L’entité a conclu en ajoutant que les municipalités, qui sont en première ligne face aux conséquences de la crise du logement, doivent utiliser leurs leviers en fixant des cibles ambitieuses et réserver leurs terrains ainsi que des fonds.