Prise de décision éclairée : la mise en tutelle de la MRC de Joliette demandée en raison d’un manque d’informations
Le maire de la municipalité de Saint-Thomas, Mario Rondeau, a demandé dans les derniers jours la mise en tutelle de la MRC de Joliette citant un manque d’information.
M. Rondeau a expliqué que cette demande est motivée par un manque d’accès aux informations nécessaires aux élus pour prendre des décisions éclairées.
« Il y a un manque d’information pour prendre nos décisions. Les élus doivent quand même avoir accès à une information complète pour prendre des décisions éclairées. C’est un des gros enjeux. L’information est donnée à petite miette. Si je pose une question au préfet, il va me répondre juste à moi. Tout avance à petits pas. C’est un gros gros problème organisationnel », a exprimé M. Rondeau en entrevue avec Mon Joliette.
Le magistrat a ajouté que la plainte effectuée auprès de la Commission municipale du Québec (CMQ) ne concerne pas un dossier en particulier, mais qu’il s’agit d’un manque d’information générale pour tous les maires. Il décrit également que l’information est distribuée à la dernière minute, ce qui entraîne de longues lectures dans les jours précédents les réunions.
Avec cette demande de tutelle, le maire de Saint-Thomas espère voir quelqu’un entrer à la MRC pour voir le processus organisationnel et décisionnel.
« On veut simplement avoir des réponses à nos questions pour prendre des décisions les plus éclairées possibles. Il faut que quelqu’un entre à l’intérieur pour voir le processus et comment c’est vraiment fait », a-t-il déclaré.
M. Rondeau a confirmé que la municipalité est en exploration pour voir la faisabilité d’un changement de MRC.
Une rencontre a eu lieu avec le préfet de la MRC de d’Autray et son directeur général afin d’étudier la possibilité de transfert. Une discussion a aussi eu lieu avec le service d’incendie de Saint-Charles-Borromée dans le but de s’informer sur la possibilité de rester sous leur responsabilité dans l’éventualité d’un changement de MRC.
Le magistrat indique toutefois que ce dossier est en cours d’évaluation.
Une demande excessive et déraisonnable
Le préfet de la MRC de Joliette, Pierre-Luc Bellerose, a démontré vivement son désaccord avec la demande pour la mise en tutelle de la MRC.
« Personnellement, je trouve que c’est une demande qui est excessive et déraisonnable. J’écoutais hier une entrevue du maire de Saint-Thomas qui disait qu’il manquait d’information, mais qui disait du même souffle qu’il y avait trop de documents et qui disait qu’il les recevait dans les temps prescrits. C’est un peu compliqué à comprendre », a-t-il déclaré à Mon Joliette.
Le préfet a laissé savoir qu’il n’avait rien à cacher et qu’il donnerait sa complète collaboration si des vérifications de la CMQ ou du ministre des Affaires municipales devaient avoir lieu.
M. Bellerose dément la présence d’un climat malsain au sein du conseil de la MRC, un point soulevé par M. Rondeau dans un texte de La Presse paru le 21 avril dernier.
« Je ne vois pas de climat malsain. La seule chose, c’est qu’il y a des décisions qui se prennent qui ne sont pas à la satisfaction de M. Rondeau, mais c’est ça la démocratie. Moi comme maire de Joliette et préfet de la MRC, il peut arriver que des élus décident de telles ou telles choses qui ne sont pas nécessairement en adéquation avec mon opinion ou avec ma vision des choses, mais je me rallie comme porte-parole de la MRC. Je défends à ce moment-là les décisions qui sont prises par mes homologues du conseil des maires », a ajouté M. Bellerose.
Il a par ailleurs déclaré qu’il a abordé l’idée de se retirer de son rôle de préfet avec ses collègues si le lien de confiance avec eux était brisé. Toutefois, il affirme qu’on lui aurait demandé de rester.
Le maire de la Ville de Joliette et préfet de la MRC du même nom a d’ailleurs souligné que les documents nécessaires à la prise de décision sont bel et bien transmis.
« On transmet les documents qui sont nécessaires à la prise de décision, donc comme maire à la MRC, M. Rondeau, comme ses homologues, siègent comme conseillers de comté. Si ce ne sont pas des documents pertinents pour la prise de décision, à ce moment-là, ils doivent faire une demande à la Commission à l’accès à l’information. Par la suite, s’il est insatisfait des documents qui lui sont transmis, il peut contester et il va y avoir une audience. De notre côté, tous les documents nécessaires pour la prise de décision sont transmis aux élus », a fait savoir le préfet de la MRC de Joliette.
Il a conclu en ajoutant qu’une demande pour la tutelle d’une organisation n’est pas un dossier à prendre à la légère.
« Demander la tutelle d’une organisation, ce n’est quand même pas une petite affaire. Moi comme préfet ou pour la directrice générale ou pour les membres du conseil d’administration, il y a des enjeux réputationnels de lancer ça dans l’espace public. Nous, de notre côté, nous ne resterons pas les bras croisés parce que nous n’avons rien à nous reprocher. À l’heure actuelle, c’est notre réputation qui est remise en cause par ce genre de comportement ».