Le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière réclame plus de transparence du gouvernement du Québec

Fabrice Samedy | 8 juillet 2026 | 14:25

Le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière (CRE Lanaudière) a déposé une demande auprès du gouvernement du Québec afin qu’il fasse preuve de la plus grande prudence en ce qui a trait à l’utilisation des plans d’aménagement spéciaux (PAS) prévus pour l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Une résolution adoptée le 9 juin dernier réclame notamment que les secteurs faisant actuellement l’objet de démarches de conservation ou de projets d’aires protégées soient exclus de toute intervention. Cette exclusion s’échelonnerait jusqu’à l’évaluation de leurs impacts écologiques par une partie indépendante.

Les plans d’aménagement spéciaux permettent entre autres d’accélérer des interventions, mais seulement lorsque des perturbations naturelles entraînent une dégradation importante des peuplements forestiers.

Cependant, le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière est d’avis que les informations rendues publiques ne sont pas suffisantes pour clairement démontrer que les conditions justifiant le recours à ces plans sont réunies dans l’ensemble des secteurs visés.

« Le recours à un plan d’aménagement spécial doit demeurer une exception. Lorsqu’une telle mesure est envisagée dans des territoires qui présentent un fort intérêt pour la conservation de la biodiversité, la transparence et la rigueur scientifique deviennent essentielles », a souligné Kassandra Martel, la directrice générale du CRE, au nom du conseil d’administration du CRE Lanaudière.

Par ailleurs, la justification de certains secteurs d’intervention, la qualité de l’information cartographique ainsi que les conséquences possibles sur des territoires visés par des projets de conservation ont été remises en question. De plus, la possibilité que certains secteurs inclus dans les PAS emboitent sur des territoires étudiés est une source d’inquiétude pour le CRE.

C’est dans ce contexte que le CRE Lanaudière demande les éléments suivants au ministère des Ressources naturelles et des Forêts :

  • De démontrer publiquement, pour chacun des secteurs visés, que les critères exceptionnels prévus à la Loi sont effectivement rencontrés ;
  • De rendre accessibles les données et analyses ayant servi à justifier les plans d’aménagement spéciaux ;
  • De consulter systématiquement les Tables locales de gestion intégrée des ressources et du territoire ainsi que les organismes régionaux concernés avant toute intervention;
  • De suspendre les interventions dans les secteurs faisant l’objet de projets d’aires protégées, de démarches de conservation ou de corridors écologiques jusqu’à ce qu’une analyse indépendante de leurs impacts écologiques soit réalisée.
  • Que les objectifs gouvernementaux concernant la conservation de la biodiversité, le maintien de la connectivité écologique et la création d’aires protégées soient considérés comme des critères prioritaires dans l’élaboration ainsi que la mise en œuvre des plans d’aménagement spéciaux.