Le Règlement sur les pratiques agroenvironnementales ne fait pas l’unanimité
Image d'illustration de Deposit photos Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) partagent l’objectif d’améliorer les pratiques agricoles et de protéger l’environnement, que le gouvernement du Québec a mis de l’avant hier (6 juillet) par le nouveau Règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE), mais déplorent le choix d’avoir privilégié une approche réglementaire plutôt qu’un accompagnement accru des producteurs.
Rappelons que ce nouveau cadre réglementaire permettra, dès le 1er janvier 2027, d’améliorer la qualité des cours d’eau du Québec et donnant aux agriculteurs un environnement réglementaire plus compréhensif. L’application du RPAE donnera la possibilité d’une mise en culture de nouvelles terres agricoles, pour un total pouvant atteindre 200 000 hectares.
Les PGD sont d’avis que ce cadre réglementaire risque d’alourdir le fardeau administratif des entreprises agricoles, en ne tenant pas compte de la diversité des réalités régionales et agronomiques.
Ils indiquent que le RPAE intègre plusieurs éléments venant limiter la capacité d’action des producteurs, dont l’imposition de superficies minimales en végétation enracinée au sol, la limitation du travail de sol en pente de plus de 10%, l’intensification du rôle des agronomes dans la vérification de la conformité et l’ajout du contrôle de l’utilisation de l’azote et de la potasse par leur traçabilité.
« Cette nouvelle réglementation s’inscrit dans une tendance préoccupante où l’on répond à des enjeux complexes par l’ajout de nouvelles obligations, plutôt que par des mesures favorisant l’innovation, le transfert de connaissances et l’accompagnement sur le terrain. Les producteurs de grains sont les premiers à avoir intérêt à préserver la qualité de leurs sols et de leur environnement. Nous aurions souhaité que le gouvernement fasse davantage confiance à leur expertise », affirme le président des PGQ, Sylvain Pion.
Les PGD soulignent malgré tout la remise en culture de certaines superficies et la primauté du cadre réglementaire provincial sur les réglementations municipales, ainsi que des mesures des PGD prises en compte.
« Nous souhaitons maintenant que l’ensemble des partis politiques s’engagent à faire de l’accompagnement, du transfert de connaissances et de l’innovation les principaux leviers des prochaines avancées en agroenvironnement. L’agriculture doit être durable autant d’un point de vue agronomique, environnemental qu’économique. Les producteurs font partie de la solution et méritent qu’on leur fasse confiance », conclut M. Pion.